Élue présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) en juin 2016, alors que l’organisation était en pleine tempête et que quatre présidents s’étaient succédé en trois ans, Kathy Baig persiste et signe. Elle briguera un troisième mandat d’affilée.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Q. Pourquoi vouloir demeurer à la tête de l’OIQ ?

R. Il faut revenir à la raison pour laquelle je me suis levée de mon divan pour m’impliquer dans ma profession. Pendant la commission Charbonneau, j’étais profondément choquée par ce qui se passait : tous les ingénieurs payaient un prix cher pour une poignée d’individus qui n’avaient pas suivi les règles. Le conseil d’administration m’a engagée à temps plein, alors que les présidents occupaient auparavant le poste à temps partiel, pour réaliser un mandat de changement de culture. Depuis trois ans et demi, on a réglé la situation, mais il reste encore plusieurs choses à amener plus loin.

Q. Quel sera le processus de sélection ?

R. En 2016, j’ai été élue au suffrage des 65 000 membres, un procédé qui a été utilisé une seule autre fois au début des années 80. Historiquement, le président est élu par le conseil d’administration. En juin prochain, le C.A. choisira le président. D’autres candidats peuvent se présenter, s’ils ont passé au moins un an au sein du conseil d’administration.

Q. De quelles réalisations êtes-vous fière jusqu’à présent ?

À mon arrivée en poste, la confiance avait disparu avec nos membres, le public, le gouvernement et les parties prenantes. Selon un sondage récent, la confiance à l’égard de la profession est passée de 49 % durant la commission Charbonneau à 71 % aujourd’hui. Les gens ont vu la transformation. Une autre de mes fiertés, c’est le courage qu’on a eu de prendre des décisions difficiles pour livrer ce qu’on s’était promis.

Q. Des mesures impopulaires ?

R. Oui. Par exemple, quand on a élaboré notre plan stratégique, on a préparé un cadre financier pour vérifier quels étaient nos besoins en ressources humaines, financières et technologiques. J’ai constaté qu’on aurait des enjeux financiers. À l’époque, ça faisait deux ans que nos membres refusaient des hausses de cotisation, soit la majeure partie de notre financement. Six mois avant notre assemblée générale annuelle, j’ai commencé à faire le tour du Québec pour leur expliquer nos besoins. Les membres n’étaient pas contents. Ils n’avaient pas confiance en notre organisation. Finalement, la proposition a été majoritairement acceptée à l’assemblée générale annuelle. On a augmenté de 35 % la cotisation des membres. On a mis en place un plan ambitieux et rigoureux.

Q. Sur quoi aimeriez-vous travailler lors d’un éventuel troisième mandat ?

R. La modernisation de la Loi sur les ingénieurs, qui date de 1964. C’est la pièce maîtresse qui encadre les champs d’intervention de l’OIQ, sans rien enlever aux professionnels sur le marché du travail. Les trois précédents projets de loi déposés sont morts au feuilleton. Un quatrième est passé en commission parlementaire en août 2019. On espère qu’il sera adopté cet hiver ou au printemps. Par la suite, il y aura énormément de travail à faire pour tout mettre en place.

Note : le mandat du président de l’OIQ est de deux ans et est renouvelable.