Le CELI a été adopté avec enthousiasme au pays depuis sa création en 2009. Près de six Canadiens sur dix en possèdent un. Malgré sa simplicité, mieux vaut bien se préparer avant d’y investir. Voici les quatre questions essentielles à poser à son conseiller financier à son sujet.

Emilie Laperrière Emilie Laperrière
Collaboration spéciale

Quels objectifs puis-je viser ?

Il en vaut du CELI comme il en va de l’amour : pour éviter les déceptions, il faut savoir ce que l’on veut avant de s’engager. D’où l’importance de bien définir ses objectifs. « Le CELI peut être approprié pour plein de situations, mais il faut comprendre pourquoi on le prend », explique André Lacasse, de Lacasse Services financiers.

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« Si on n’a pas de stratégie, il y a toujours quelque chose qui arrive et on n’épargne pas », déplore André Lacasse, de Lacasse Services financiers.

Beaucoup de gens s’en servent pour des besoins à court terme, comme un voyage ou l’achat d’une voiture. « L’impact des intérêts composés sur un an ou deux ne sera toutefois pas énorme », souligne le planificateur financier, qui ajoute que l’outil est tout indiqué pour la planification de la retraite.

Le CELI est-il la meilleure option pour moi ?

« Entre le CELI et le REER, il faut se demander lequel est le plus avantageux pour nous », dit Matthew Leblanc, directeur régional et planificateur financier chez IG gestion de patrimoine. Plusieurs facteurs sont à considérer, selon lui.

« Ça dépend par exemple de la raison de l’investissement. Si on a besoin de liquidités à court terme, on vise le CELI, puisque les retraits ne sont pas imposables. Si on veut réduire nos impôts parce qu’on gagne un revenu important, on optera pour le REER, dont les cotisations sont déductibles d’impôt. Idéalement, on fera un mariage des deux. »

Quels types de placements devrais-je choisir ?

De l’obligation du gouvernement aux actions cotées en Bourse, les placements offerts ont de quoi donner le tournis. « La décision dépend de la tolérance au risque, des objectifs et de l’horizon du placement », résume André Lacasse. Les choix ne seront évidemment pas les mêmes si on utilise le CELI pour acheter une maison d’ici 2 ans que si on veut prendre sa retraite dans 25 ans.

« Avec le CELI, on va communément opter pour des placements qui ont plus de chances de générer du rendement, estime pour sa part Matthew Leblanc. Vu qu’il n’y a pas d’impôt à la sortie, on peut se permettre un profil plus dynamique. »

Quelle stratégie devrais-je employer ?

Une fois qu’on a décidé d’ouvrir un CELI, il faut adopter une stratégie. « Une erreur que j’ai vue souvent, c’est que les gens amassent par exemple 1000 $, puis ils achètent un CELI du même montant. Pourquoi ne pas plutôt l’accumuler automatiquement en mettant 10 % de sa paie toutes les deux semaines dedans ? » demande André Lacasse.

La solution convient aussi aux travailleurs autonomes, assure le conseiller. Ceux-ci peuvent décider de déposer, chaque fois qu’ils reçoivent un paiement pour services rendus, un pourcentage dans leur CELI. « Si on n’a pas de stratégie, il y a toujours quelque chose qui arrive et on n’épargne pas », déplore André Lacasse. Une affirmation dans laquelle plusieurs se reconnaîtront sûrement.