Bien que le Compte d’épargne libre d’impôts (CELI) soit un outil d’épargne simple à première vue, il est un peu plus complexe qu’on ne le croit. Pour vérifier si vous le connaissez bien, Mohamed Wakkat, conseiller senior en investissement à la Banque Nationale, suggère quatre questions. À vous de jouer.

Jean Gagnon
Collaboration spéciale

Q. Je suis résident canadien depuis 2013, ai-je le droit de bénéficier de tous les droits de cotisation depuis la création du régime en 2009 ?

R. Selon l’Agence du revenu du Canada (ARC), tout particulier âgé de 18 ans et plus ayant un numéro d’assurance sociale valide peut ouvrir un CELI. Mais pour cotiser, il faut être résident au sens de l’impôt. Ainsi, une personne considérée comme résidente depuis 2013 n’a le droit de cotiser qu’à partir de cette année-là (2013), jusqu’en 2020.

Q. En cas de décès, le CELI peut être transféré au conjoint sans qu’il y ait d’impact fiscal, mais à la condition que le conjoint ait des droits de cotisations non utilisés. Vrai ou faux ?

R. Le CELI peut en effet être transféré au conjoint sans impact fiscal, et il peut l’être même si le conjoint n’a pas de droits de cotisations non utilisés. Et toutes ces cotisations au CELI du conjoint demeurent à l’abri de l’impôt.

Par ailleurs, les revenus générés à l’intérieur du CELI entre la date du décès et le jour où il est effectivement transféré à celui du conjoint seront imposés.

Q. Quel est, parmi les trois choix suivants, celui qui distingue le mieux un investissement dans un CELI de celui dans un REER ?

1. Je peux déduire ma cotisation CELI de mes revenus.

2. Les rendements dans le CELI sont à l’abri de l’impôt.

3. Les retraits du CELI deviennent un droit de cotisation.

R. Le fait de pouvoir retirer des sommes de son CELI et de pouvoir les remettre sans que cela affecte les droits de cotisation constitue certainement l’avantage qui distingue le mieux le CELI du REER.

Vous aurez probablement deviné que la réponse 1 est fausse, et qu’elle constitue plutôt un avantage pour le REER.

Quant à la réponse 2, elle est vraie dans les deux cas, sauf que les rendements deviendront imposables lorsqu’ils seront retirés du REER.

Q. Lequel des profils suivants correspond le mieux à un investisseur CELI ?

1. Je suis étudiant et je veux épargner pour acheter une auto dans 9 mois.

2. Je suis un travailleur de 58 ans avec des revenus modestes.

3. Je veux me constituer un fonds d’urgence auquel j’aurai accès en tout temps.

R. Il importe de bien comprendre que le CELI n’est pas un compte de banque pour gérer les urgences, mais plutôt un compte d’épargne dans lequel l’investisseur accumule le rendement de son capital à l’abri de l’impôt. Cela exclut donc les réponses 1 et 3. Quant au travailleur de 58 ans, en accumulant son épargne, même modeste, dans un CELI, il n’aura pas à ajouter ses retraits éventuels de son CELI à son revenu et ainsi n’affectera pas les autres suppléments de revenus auxquels il pourrait avoir droit.