Chine, 2012. Dans le nord du pays, des ingénieurs québécois s’activent autour des bâtiments nouvellement aménagés d’une ferme laitière géante pouvant abriter 5000 vaches. Mal isolées, les nouvelles constructions ne passent pas le test du froid sibérien. Elles seront finalement modifiées par une équipe québécoise.

Martin Primeau Martin Primeau
Collaboration spéciale

Des projets nichés comme celui-là, les ingénieurs agricoles de la firme Consumaj en ont rencontré des centaines depuis la fondation de l’entreprise en 1991, quoique la plupart sinon tous ne les ont pas fait autant voyager. Aux constructions de bâtiments de fermes laitières ou de poulaillers se sont greffés d’autres projets agricoles ou agroalimentaires, notamment des serres et des bâtiments industriels. L’entreprise s’est aussi diversifiée en réalisant des projets de génie civil.

L’ingénieur agricole, c’est un peu un généraliste. Certains vont travailler plus en bâtiment et d’autres en procédés : il y a plein de possibilités.

Jean-Denis Major, ingénieur, agronome et fondateur de Consumaj

C’est ainsi que son entreprise a pris part aux différentes phases de construction de l’immense centre de grains de Jefo à Saint-Hyacinthe, capable d’entasser aujourd’hui jusqu’à 65 000 tonnes de grain.

Le groupe a aussi travaillé à la conception de projets plus originaux, comme celui d’une ferme laitière de 240 vaches à Burlington, aux États-Unis. Ces installations comprennent un digesteur, une unité de conversion du fumier qui le transforme en biogaz, puis en électricité. « La ferme produit maintenant un surplus d’électricité qu’elle renvoie dans le réseau », souligne l’ingénieur formé à l’Université McGill.

Les ingénieurs de Consumaj se sont aussi penchés sur un projet en attente de financement qui combinerait production horticole et pisciculture. « Les micropousses seraient alimentées par les déchets des poissons », explique M. Major, ajoutant que chaque projet a ses particularités.

Cap sur le bien-être animal

Au Québec, c’est toutefois la conversion des fermes aux nouvelles normes de bien-être animal qui fait surtout travailler les ingénieurs de Consumaj. « L’approche conceptuelle des bâtiments change parce qu’on élève les animaux différemment, explique l’ingénieur agricole. On augmente aussi la superficie accordée à chaque animal. »

Dans l’industrie laitière, on optera ainsi pour une stabulation libre plutôt qu’un bâtiment où les vaches restent attachées. Les pensionnaires les plus chanceuses ont même accès à un robot de traite qu’elles utilisent lorsqu’elles en ressentent le besoin.

Les poules pondeuses, elles, sont maintenant libres de circuler dans les nouvelles constructions, souligne M. Major. On leur aménage des perchoirs aussi. « Les technologies de ventilation ont aussi beaucoup évolué dans le milieu », ajoute-t-il.

Le travail des 11 ingénieurs de l’entreprise ne se limite toutefois pas qu’à la conception de bâtiments agricoles. Le groupe de M. Major s’est aussi penché au fil des ans sur des procédés de fabrication dans l’agroalimentaire pour des clients comme Agropur, Olymel et Kraft. Il s’est aussi forgé une expertise en olfactométrie avec le développement d’un outil de quantification des odeurs. Son équipe contribue aussi à différents projets avec son expertise en matière de respect des odeurs.

Dans un proche avenir, M. Major s’attend maintenant à contribuer de plus en plus à des projets de conception de serres. « On voit tout l’intérêt pour la production locale, dit-il. Les gens ne veulent plus payer pour le transport de leurs aliments. »