Quand elle fait ses courses au village, vêtue de son manteau avec le logo de la mine Casa Berardi, Vicki Labranche se fait parfois demander si elle y travaille comme infirmière, ou encore au service de la comptabilité. Sa réalité est tout autre… Portrait.

Yvon Laprade Yvon Laprade
Collaboration spéciale

« Je leur réponds que je travaille sous terre, avec les gars. Ça provoque toute une réaction ! », s’amuse à rappeler la jeune femme de 31 ans.

Cela fait cinq ans qu’elle est employée de cette mine aurifère, propriété d’Hecla Québec, située à 95 kilomètres au nord de La Sarre, en Abitibi-Témiscamingue.

« À mes débuts, se souvient-elle, j’étais la septième fille à y être embauchée comme mineure. Il fallait que je fasse mes preuves. Je crois être parvenue, d’une certaine manière, à ouvrir le chemin aux autres femmes qui veulent exercer ce métier. »

Elle ajoute : « À l’origine, nous étions tout au plus une dizaine de mineures. Là, il doit bien y en avoir près d’une trentaine [sur un effectif de 650 employés]. »

Travail-famille

Elle ne cache pas, néanmoins, que ce métier exigeant demeure une affaire de gars, bien que les « filles », comme elle les appelle, soient « de plus en plus nombreuses » à descendre sous terre, à des profondeurs pouvant atteindre 1000 mètres.

« Tous les six mois, note-t-elle, trois ou quatre filles arrivent à la mine. Mais elles ne toffent pas toutes ! Pour une femme qui a des enfants, ce n’est pas toujours facile de concilier travail et famille. »

À ce propos, Vicki Labranche se considère comme privilégiée de pouvoir compter sur une mère bienveillante qui prend soin de sa « grande » de 9 ans tandis qu’elle se trouve à la mine.

Nos journées commencent à 5 h et se terminent à 18 h. On travaille de jour comme de nuit, sur un horaire 7/7 [une semaine de travail, une semaine de congé]. On s’habitue !

Vicki Labranche, mineure

Un métier en… or

Pas question, toutefois, d’envisager de changer de métier. « J’aime ce que je fais, précise-t-elle. Pendant trois ans, j’ai conduit des camions remplis de minerai, et depuis deux ans, c’est moi qui charge le minerai dans les camions. J’ai toujours aimé travailler avec de la machinerie lourde. » Elle aimerait, un jour, être aux commandes d’une « machine pour dynamiter la roche avec des explosifs ».

À la mine Casa Berardi, Vicki Labranche apprécie la « belle complicité » au sein de son équipe. Et on devine bien que cette « fille de La Sarre » qui vit maintenant à Saint-Vital a vite appris à se faire respecter pour la qualité de son travail et sa détermination.

« Il n’y a pas eu de commentaires déplacés à mon égard, tient-elle à préciser. Je dois même dire que les hommes ont fait preuve d’une grande ouverture d’esprit en me permettant de m’intégrer au sein de leur groupe. »

Cette complicité et ce respect mutuel, elle le vit également au quotidien avec son conjoint, Yan Éric Hinse, 32 ans, contremaître d’équipe à la mine.