L’entreprise d’exploration minière qui s’intéresse à un territoire fait réaliser plusieurs analyses pour déterminer si les ressources tant espérées sont présentes en quantité suffisante pour rentabiliser leur exploitation. C’est à ce moment-là que Ludovic Legros, géologue stagiaire chez Effigis, entre en scène. Portrait.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

« Qu’on cherche de l’or, de l’argent ou du cuivre, on ne trouvera pas les mêmes types de roche, les mêmes altérations ni les mêmes contextes structuraux sur le terrain », affirme Ludovic Legros, qui travaille sous la supervision d’un maître de stage en attendant d’obtenir son titre de l’Ordre des géologues du Québec.

En plus de ces données géologiques d’observation, il utilise la géochimie pour réaliser son travail. « En broyant des échantillons et en les analysant en laboratoire, on mesure les éléments chimiques qui nous intéressent, indique-t-il. Par exemple l’or, ou l’arsenic qui est associé à l’or. »

La géophysique des roches est également utile. Il regarde les données prises de façon aérienne par des capteurs qui mesurent notamment le magnétisme des roches, leur densité et leur conductivité.

« Ces données nous donnent de l’information sur le sous-sol à une plus grande profondeur pour avoir une idée du type de roche qu’on peut y trouver sans avoir à forer », explique-t-il.

La géologie à partir de l’espace

Effigis a aussi la particularité de faire de la télédétection, soit l’utilisation de l’imagerie satellite pour connaître la signature spectrale d’une roche. « Lorsque les rayons de soleil arrivent sur une roche, selon sa composition chimique et minéralogique, elle absorbe certaines portions du spectre, ce qui nous permet de mieux identifier le type de roche », explique Ludovic Legros.

Avec toutes ces données, il travaille à produire une étude intégrée qui fournit des recommandations aux entreprises. Par contre, il ne doit pas s’attendre à voir des quantités astronomiques de métaux précieux trouvés grâce à son travail.

« On n’a pas vraiment de suivi. Plusieurs années peuvent s’écouler avant qu’une entreprise commence des travaux d’exploration. Et prenons l’or par exemple. C’est très rare d’en trouver en quantité suffisante pour pouvoir l’exploiter. Des géologues peuvent faire leur carrière sans jamais avoir travaillé sur un endroit où il y aura une mine d’or ! »

Un domaine pointu et en pleine évolution

Passionné de géologie depuis toujours, Ludovic Legros a réalisé des études de premier cycle dans le domaine en France, puis une maîtrise en géomatique pour les géosciences. Il a travaillé quelques années, puis il est venu s’installer au Canada pour réaliser une deuxième maîtrise en génie minéral à Polytechnique Montréal. Il a commencé à travailler à temps partiel chez Effigis au milieu de sa maîtrise, puis il a obtenu son diplôme en 2018 et travaille depuis à temps plein. C’est l’été prochain que le scientifique de 31 ans aura terminé son stage de trois ans exigé par l’Ordre des géologues du Québec.

En parallèle, Ludovic a entrepris un certificat de deuxième cycle à l’Université McGill dans le domaine de l’intelligence artificielle. « Nous avons de plus en plus de données à traiter et l’intelligence artificielle viendra jouer un rôle d’aide à la décision. »