Comme c’est le cas au centre-ville de Montréal, les immeubles de bureaux situés à Laval demeurent désertés, en raison des mesures restrictives liées à la pandémie. Cette situation « temporaire » ne semble cependant pas inquiéter outre mesure les grands propriétaires d’immeubles, qui s’attendent à ce que les choses rentrent dans l’ordre, de façon graduelle, au cours de la prochaine année.

Yvon Laprade Yvon Laprade
Collaboration spéciale

« On anticipe que les choses vont se stabiliser [en 2021], souligne Bernard Poliquin, vice-président directeur et chef des opérations immobilières chez Cominar. On pense que l’économie va rebondir, une fois évacué le traumatisme causé par la crise sanitaire. Ça pourrait redémarrer très rapidement [et entraîner] une hausse de la demande pour les espaces de bureaux. »

Il s’attend même à ce que des entreprises qui ont leurs bureaux au centre-ville de Montréal optent pour des bureaux satellites au nord de la rivière des Prairies pour se rapprocher de leurs clients, mais surtout, pour permettre à leurs employés de travailler non loin de leur lieu de résidence.

Actuellement, on parle beaucoup du télétravail [et de ses avantages]. Mais il y a fort à parier que les employeurs et les employés voudront recréer la dynamique de performance organisationnelle. Et on verra les employés revenir au bureau.

Bernard Poliquin, de Cominar

Montoni demeure confiante pour l’Espace Montmorency

Même son de cloche au Groupe Montoni, responsable de la réalisation du projet Espace Montmorency situé au cœur de Laval, près de la Place Bell.

« On croit que, de plus en plus, les gens vont préférer travailler près de chez eux, ce qui va donner lieu à davantage de bureaux satellites [contrairement à des bureaux centralisés en un seul et même endroit] », soulève Frédérick Truchon-Gagnon, directrice, Affaires publiques et communications.

Elle précise qu’Espace Montmorency – un projet comportant quatre grandes tours, notamment pour les espaces de bureaux – « vient justement répondre à un besoin grandissant », compte tenu de sa situation géographique et de sa « connexion » avec la station de métro.

Déjà, il est prévu que la firme Deloitte s’installera dans cet « espace », tout comme le Groupe Sélection et Montoni qui y installeront leurs sièges sociaux.

Des conditions plus souples

Il n’en demeure pas moins qu’en raison de la pandémie, la réalité de bon nombre d’entreprises n’est plus la même. D’où l’importance, concède la porte-parole de Montoni, d’adapter « notre offre au contexte actuel ».

« Nous offrons à nos locataires la possibilité de modifier le nombre de pieds carrés désirés sur une certaine période de temps », mentionne Mme Truchon-Gagnon.

Pour le renouvellement des baux [dans d’autres de nos centres d’affaires], nous proposons des ententes de 2 ans au lieu de 5 ou 10 ans, à titre d’exemple.

Frédérick Truchon-Gagnon

C’est également le cas chez Cominar – qui possède un portefeuille de 16 immeubles de bureaux, couvrant 1,7 million de pieds carrés, à Laval.

« On essaie de trouver des solutions, on est ouvert à [offrir] des baux à plus court terme, confirme Bernard Poliquin. Mais on parle d’un petit pourcentage de nos locataires qui souhaitent réduire l’espace de bureau, et encore là, on parle de superficies couvrant tout juste 2500 pieds carrés. »

Il ajoute : « On peut comprendre qu’une entreprise qui voit son chiffre d’affaires baisser de 50 % veuille réduire l’espace en pieds carrés de ses bureaux pour optimiser ses dépenses, mais règle générale, ça se passe bien au sein de nos entreprises locataires. Les gens continuent de payer leur loyer. »