Les congressistes et les gens d’affaires fourmillent dans la métropole en temps habituel, alors que Tourisme Montréal coordonne la venue d’environ 400 groupes par année. Si différents acteurs montréalais ont montré une grande résilience en adaptant leur offre à la situation sanitaire, tous sont impatients de voir le retour des grands évènements.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

Tenir un évènement hybride dans quelques villes du Québec ou du Canada, avec des ateliers et du réseautage en personne ainsi qu’avec l’aide du virtuel pour tenir les plénières avec les participants des différents endroits : voilà le genre de formule que souhaite offrir dès que possible le Reine Elizabeth aux organisateurs d’évènements, avec la collaboration des différents hôtels de la chaîne Fairmont.

« Il faudra non seulement qu’on ait le droit d’accueillir un bon nombre de personnes pour un évènement, mais aussi que les gens n’aient plus peur et que les entreprises soient prêtes à aller de l’avant », affirme Philippe Champagne, directeur régional des ventes et marketing, Est du Canada, pour les Hôtels Fairmont.

Changer la recette

Le Reine Elizabeth, qui a investi 140 millions de dollars en rénovations il y a trois ans, a aussi créé un studio virtuel et revu les capacités d’accueil de ses salles d’un total de 80 000 pieds carrés pour respecter la distanciation physique.

Le même exercice de réduction de la capacité des salles a été fait à l’Hôtel Alt Montréal. Une caméra a aussi été achetée pour faciliter la vidéoconférence, un espace dans les chambres a été aménagé pour y prendre les repas et les menus ont été refaits avec les traiteurs pour éliminer les buffets.

Se rencontrer continue d’avoir une valeur, et plusieurs entreprises n’ont pas l’espace pour tenir des réunions en respectant la distanciation, alors elles ont besoin de salles.

Marie Pier Germain, vice-présidente, marketing, de Germain Hôtels, qui possède l’Hôtel Alt Montréal

Par contre, les évènements avec distanciation pourront faire travailler certains employés, aider à garder la motivation et à payer quelques factures, mais le retour à la rentabilité sera difficile à imaginer avant le retour des foules.

Les hauts et les bas du web

Le retour des grands évènements fait aussi rêver l’équipe de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. C’est elle qui avait organisé en juin 2017 la grande conférence de Barack Obama qui a fait vibrer tout Montréal.

« C’est évident que nos évènements de très grande envergure avec des leaders internationaux sont intéressants en présentiel, mais pas en ligne », affirme Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Pour les entreprises, ces grands rendez-vous sont des moments importants de réseautage.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Virtuellement, même si on fait des sous-groupes pour discuter lors de nos évènements, l’impact n’est pas le même que lorsqu’on a de vraies rencontres.

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

La Chambre est tout de même un leader en matière d’évènements virtuels depuis le début du confinement. Alors qu’elle avait organisé 114 évènements en présentiel en 2019, elle en a organisé 144 en ligne entre la fin de mars et le début d’octobre cette année avec des politiciens, des décideurs et des leaders de différentes industries.

« En plus d’avoir augmenté le nombre d’évènements de 80 %, le nombre de participants a été multiplié par quatre en virtuel comparativement au présentiel, indique M. Leblanc. Nous envisageons de permettre de visionner nos évènements virtuellement après la pandémie, mais c’est certain que nous reprendrons nos évènements en présentiel dès que possible pour la qualité du réseautage. Les gens nous le demandent. »