La pandémie a durement touché le tourisme d’affaires dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord et du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le tourisme de villégiature a certes limité les dégâts l’été dernier, mais la situation demeure préoccupante. Survol.

Stéphane Champagne
Stéphane Champagne Collaboration spéciale

De l’événementiel virtuel à Sept-Îles

Le Centre des congrès de Sept-Îles courait à sa perte quand Michael Ouellet l’a acheté en 2018. Après un an, l’entrepreneur avait doublé les revenus de l’endroit. Également propriétaire de l’entreprise événementielle Disco Flash, il tire son épingle du jeu en organisant des évènements virtuels.

« Notre chiffre d’affaires a chuté de 75 %, dit-il. C’est un manque à gagner de 500 000 $. Sans l’aide gouvernementale pour les salaires, on n’y arriverait pas. On paye nos frais fixes, mais c’est tout. »

Organisateur d’évènements depuis 25 ans, M. Ouellet a mis en place un studio de production pour garder la tête hors de l’eau. Des bals de finissants, des soirées reconnaissance, des « Facebook Live » et des activités caritatives y ont été produits ou diffusés sur le web ces derniers mois. « On n’avait pas le choix de se retourner de bord. C’était ça ou c’était la clé dans la porte », soutient Michael Ouellet.

Un penthouse dans le Bas-Saint-Laurent

Dans le Bas-Saint-Laurent, les principaux centres des congrès, l’Hôtel Rimouski et l’Hôtel Universel de Rivière-du-Loup, s’en sortent pour le moment, même s’ils ont, chacun de leur côté, annulé 75 évènements d’entreprises.

Le tourisme estival a aidé, surtout en juillet et en août. Les subventions salariales aussi. « Ça prend maintenant de l’argent pour nos frais fixes. C’est le fonds de roulement qui nous fait mal », explique Joanne Lortie, vice-présidente de l’Hôtel Universel.

Malgré tout, je me considère chanceuse d’être en région. Être hôtelier à Montréal, ça ne doit pas être drôle en ce moment.

Joanne Lortie, vice-présidente de l’Hôtel Universel à Rivière-du-Loup

Situé en zone orange, l’endroit peut louer ses 300 chambres. Ses deux restaurants et son spa nordique sont ouverts. Les évènements de moins de 25 personnes sont autorisés. Ce qui tombe à point, car l’établissement a aménagé en 2018 un superbe penthouse sur le toit de l’hôtel. Avec spa privé et vue sur le fleuve. Et dont la capacité d’accueil est de… 25 personnes.

Calme plat au Saguenay

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, « c’est le calme plat », affirme Olivier Fortin-Tremblay, directeur général du Delta Saguenay – Hôtel et Centre de congrès. Les congrès prévus au Delta le printemps dernier, la vingtaine de mariages de l’été dernier et les nombreux évènements d’entreprises de cet automne ont tous été annulés. Même le très prisé et très profitable salon du livre de cet automne n’aura pas lieu.

Résultat : un manque à gagner de 2 millions depuis le début de la pandémie, en mars dernier. Grâce à un taux d’occupation des chambres avoisinant les 20 % ces jours-ci, le Delta enregistre toutefois quelques revenus. Idem avec son restaurant.