Depuis environ deux ans, QuébecInnove facilite la collaboration entre les chercheurs et les entrepreneurs pour stimuler l’innovation. Sa création s’est concrétisée au bon moment, tout juste avant une pandémie qui oblige les entreprises à revoir leurs façons de faire.

Etienne Plamondon Emond
Collaboration spéciale

En mai 2019, Varitron a inauguré un centre de fabrication de pointe entièrement voué à l’assemblage de cartes électroniques et à l’électronique imprimée au Centre de collaboration MiQro Innovation (C2 MI) de Bromont. Avec cette initiative, la PME spécialisée dans l’assemblage de produits électroniques et le développement de solutions technologiques donne notamment à des entreprises désireuses de créer de nouveaux produits un accès à des équipements qu’elle a conçus. « C’est là que QuébecInnove vient nous promouvoir, mais aussi nous accompagner pour s’assurer que les gens connaissent notre expertise pour qu’on puisse les aider », indique Patrice Lavoie, vice-président, ventes et développement des affaires, chez Varitron.

On aiguille les entreprises du Québec qui ont des besoins en innovation vers nos chercheurs.

Isabelle Foisy, présidente-directrice générale de QuébecInnove

En activité depuis le début de 2018, cet organisme sans but lucratif regroupe environ 130 membres, dont des universités, des Centres collégiaux de transfert technologique (CCTT), ainsi que des centres de recherche privés et publics. L’an dernier, l’organisation a effectué plus de 1000 référencements pour près de 400 entreprises. Il donne principalement un coup de main aux PME qui connaissent mal le milieu de la recherche et ne savent pas à quelle porte cogner.

« Quand il nous manque un morceau de casse-tête pour compléter une innovation, il nous assiste », soulève Patrice Lavoie. QuébecInnove a entre autres orienté Varitron vers des programmes gouvernementaux ou des industriels qui avaient traversé des situations similaires à la sienne. La PME de 250 employés, dont le siège social se trouve à Longueuil, collaborait déjà avec des chercheurs de l’Université de Sherbrooke et de l’École de technologie supérieure. En revanche, QuébecInnove lui a permis de prendre connaissance de l’ensemble de l’expertise offerte dans ces établissements, juge Patrice Lavoie.

Faire appel à l’expertise d’ici en temps de pandémie

Ce dernier observe que certaines entreprises avaient auparavant le réflexe de conclure des partenariats internationaux pour développer des technologies. Mais les contraintes engendrées par la COVID-19 sur les voyages non essentiels vont, selon lui, changer la donne. « Les organisations se demandent si une personne peut localement les aider. Cela ouvre leurs yeux : il y a une expertise ici. »

« Depuis mars, le nombre d’appels d’entrepreneurs a doublé », assure Isabelle Foisy. La PDG de QuébecInnove remarque qu’avec la crise, beaucoup d’entre eux posent des questions sur les technologies numériques. Mais plusieurs demandent aussi du soutien dans leurs changements organisationnels. « Quand on parle d’innovation, on pense surtout aux technologies, mais il y a aussi les humains derrière », ajoute-t-elle, soulignant que son réseau compte de nombreuses ressources en innovations sociales.

En parallèle, QuébecInnove tente de « faire croître la culture de l’innovation au Québec », notamment en diffusant des histoires à succès de collaborations entre PME et CCTT. Le rêve d’Isabelle Foisy : voir le mot « innovation » prendre autant d’importance que « marketing » et « finances » dans les réunions de conseil d’administration.