Faire pousser des fruits et des légumes en utilisant un paillis de plastique est une technique courante pour bien des agriculteurs. FilmOrganic a innové dans ce domaine en offrant une solution verte et plus économique en temps et en main-d’œuvre. Un produit prisé et distribué dans 35 États américains.

Julie Roy
Collaboration spéciale

Traditionnellement, les champs sont recouverts d’un plastique noir en polyéthylène issu du pétrole qui permet d’augmenter la chaleur du sol tout en diminuant la présence des mauvaises herbes et le recours aux pesticides. Toutefois, une fois la saison terminée, tout ce plastique se retrouve dans les lieux d’enfouissement. « Uniquement au Québec, on parle de plus de 750 000 kg qui doivent être retirés par les employés sans parler des 3 millions de kilogrammes de terres souillées », explique Roger Tambay, coprésident de FilmOrganic.

Experts en plasturgie, les deux fondateurs, Roger Tambay et Hugo Meunier, ont travaillé plus de 30 ans dans ce domaine avant d’en avoir assez de fabriquer des produits destinés à la poubelle. Pendant quatre ans, les deux hommes ont mis à profit leurs connaissances pour développer un produit à partir d’un mélange végétal et ne contenant aucun pétrole.

PHOTO FOURNIE PAR FILMORGANIC

Après la récolte, il suffit de labourer la membrane avec la terre et les résidus végétaux, et elle se décompose.

Résultat, les produits de FilmOrganic procurent les mêmes avantages, mais avec une note beaucoup plus verte. « Après la récolte, il suffit de labourer la membrane avec la terre et les résidus végétaux, et elle se décompose. Ainsi, on ne trouve plus des bouts de plastique un peu partout dans les champs comme c’est souvent le cas avec des paillis ordinaires », explique l’homme d’affaires.

Faire des affaires à la sauce COVID-19

La fermeture de la frontière avec les États-Unis n’a pas empêché les produits de FilmOrganic de traverser du côté américain. « Nos paillis figurent parmi les biens essentiels parce qu’ils servent à l’agriculture », explique Roger Tambay.

Toutefois, la pandémie a mis certains de leurs projets sur la glace et les a obligés à revoir leur façon de faire des affaires. « Habituellement, on sollicite la nouvelle clientèle américaine lors des différentes expositions. Étant donné qu’elles ont toutes été annulées en raison de la COVID-19, on a été obligés de miser sur le web et les réseaux sociaux. » Pour les deux entrepreneurs, bien que les premiers résultats soient encourageants, ils sont loin de remplacer l’interaction humaine nécessaire en affaires.

Plus cher, mais…

Le produit phare de FilmOrganic est 75 % plus cher à l’achat qu’un paillis traditionnel. Un chiffre qui mérite analyse. « En fin de saison, les producteurs encourent des dépenses quand ils enlèvent le paillis de plastique, que ce soit les tracteurs, la main-d’œuvre, sans parler des deux semaines nécessaires à ces travaux. Si on calcule tout, au bout du compte, on économise avec notre paillis », explique Roger Tambay.

D’ailleurs, Roger Tambay et Hugo Meunier se disent sensibles au stress que vivent les agriculteurs en ce moment. « Déjà, le recrutement était difficile, mais avec l’incertitude qui plane au-dessus de leur tête avec la pandémie, c’est pire que jamais. On offre une solution qui implique une mécanisation avec moins de main-d’œuvre et la nécessaire distanciation physique », soutient Roger Tambay.