Autrefois un simple atelier de réparation de pompes, TechnoSub est aujourd’hui un acteur de classe mondiale en pompage ou « dénoyage » et en gestion des eaux dans les mines. L’un de ses produits vedettes, le MudWizard, est utilisé aux quatre coins du monde. Et ce n’est qu’un début, car la PME de Rouyn-Noranda veut devenir une clean tech à part entière.

Stéphane Champagne Stéphane Champagne
Collaboration spéciale

Le MudWizard est un système de traitement des boues utilisé dans les mines souterraines, mais aussi, de plus en plus, dans les grands travaux civils, dont la construction de longs tunnels.

« Comme son nom l’indique, le MudWizard transforme un mineur en magicien de la boue », explique Patrick Martel, vice-président solutions intégrées et innovation.

Le mineur peut transformer la boue en eau clarifiée, dit-il. L’eau est pompée plus facilement vers la surface. Ça prend beaucoup moins d’énergie. C’est moins de gaz à effet de serre [GES] produits par les mines isolées qui fonctionnent avec des génératrices au diesel.

Patrick Martel, vice-président solutions intégrées et innovation, chez TechnoSub

L’un des secrets derrière la technologie du MudWizard repose notamment sur une pastille créée en partenariat avec un laboratoire externe. Cette fameuse pastille, de la grosseur d’un œuf, accélère le processus de décantation, c’est-à-dire la séparation du liquide et du solide dans la boue.

Le MudWizard a par exemple été utilisé in extremis au Mexique, où une mine remplie d’eau et de boue menaçait la santé d’un village. Mais cette technologie québécoise, qui se détaille entre 50 000 et 1,5 million de dollars, a également trouvé preneurs en Équateur, aux États-Unis, en France, à Hong Kong et, plus récemment, en Australie.

L’avenir passe par l’innovation

La PME de 190 employés, dont 130 en Abitibi-Témiscamingue, répare encore quelque 1500 pompes par année. Et elle distribue encore quelques marques étrangères. Mais elle fabrique également ses propres pompes de A à Z. Elle a donc mis l’innovation au cœur de ses activités au cours des dernières années.

Le MudWizard nous a pris six ans à commercialiser, car on faisait de l’innovation à temps partiel. On a constaté qu’on aurait dû le sortir beaucoup plus rapidement. On a donc décidé de faire de l’innovation à plein temps. On a une équipe de sept personnes qui s’y consacre. Et on investit 3 % de notre chiffre d’affaires annuellement en R et D.

Patrick Martel, vice-président solutions intégrées et innovation, chez TechnoSub

Par ailleurs, la PME abitibienne vient d’obtenir le label de la Solar Impulse Foundation. Créé par l’inventeur suisse Bertrand Piccard, ce label vise la mise en place d’une liste de 1000 inventions bonnes pour la planète, mais ayant un potentiel commercial. Le MudWizard fait partie de cette prestigieuse liste.

« Ça nous donne accès à plusieurs gens des clean tech, affirme Patrick Martel, ingénieur mécanique. Et c’est vers ça qu’on veut se tourner. On veut devenir une référence à l’échelle mondiale. »

Fondée en 1983 par Yvan Blais, TechnoSub a changé de stratégie d’affaires en 2009 à l’arrivée de Patrick Martel et d’Éric Beaupré. Dès lors, la PME a formé des équipes d’ingénieurs et de techniciens capables d’agir rapidement dans le « dénoyage » des mines.

Présente dans 70 % des mines au Canada, elle possède des bureaux aux quatre coins du pays. « Quand un client nous téléphone pour une urgence, on peut lui assurer un service de pompage en moins de 24 heures, peu importe où il se trouve au Canada », se félicite Patrick Martel.