En retrait d’une succursale de Barbies Resto Bar Grill et d’un hôtel Best Western, le siège social de G Services miniers, boulevard Taschereau, à Brossard, passe pratiquement inaperçu. Pourtant, cette PME brasse de grosses affaires au Canada, en Afrique et en Amérique du Sud. Actuellement au cœur d’un processus de relève, l’entreprise familiale a soif de croissance.

Stéphane Champagne Stéphane Champagne
Collaboration spéciale

G Services miniers (« G Mining » en anglais) est une société de services-conseils en ingénierie minière. C’est à elle que des entreprises minières confient des budgets se chiffrant en centaines de millions pour la réalisation et l’aménagement complet de sites d’exploitation minière. En pleine jungle ou perchés dans les montagnes.

Fondé en 2006 par le très respecté ingénieur minier et ex-patron de Cambior, Louis Gignac, G Services miniers s’est rapidement positionné comme un chef de file, participant dès ses débuts à des projets au Burkina Faso et au Canada. 

Aujourd’hui, l’entreprise est appelée en amont de projets miniers, entre autres pour la préparation d’études de faisabilité, de revues diligentes, etc. Mais en plus, elle agit comme maître d’œuvre dans la construction et l’aménagement complet de sites miniers.

Bref, elle offre un service clés en main à une société minière qui souhaite exploiter un gisement et qui a les moyens de ses ambitions.

Transfert et ambitions

Les trois fils de Louis Gignac s’apprêtent à reprendre l’entreprise de leur paternel, lequel demeure encore très actif au sein de la PME à titre de président du conseil. Louis-Pierre et Mathieu, tous deux ingénieurs miniers, agissent comme coprésidents. Comptable de formation, Michael (le benjamin des garçons) est vice-président, finances.

Les nouveaux dirigeants souhaitent mener l’entreprise encore plus loin. Actuellement, G Services miniers dirige les travaux de construction d’une mine d’or en Équateur. Pour ce projet baptisé « Fruta Del Norte », de la société minière Lundin Gold, la PME gère un budget de 700 millions.

« On fait figure de pionnier. C’est la première fois qu’une aussi grosse mine est construite en Équateur », explique Louis-Pierre Gignac.

Outre les 60 employés de son siège social à Brossard, la firme québécoise fait travailler quelque 170 Québécois en Amérique du Sud. Ces « expatriés » travaillent en alternance sur une base annuelle ou contractuelle : 28 jours à la mine, puis 14 jours en congé.

Dans notre chaîne d’approvisionnement, on favorise beaucoup les talents d’ici. Dans un récent projet de mines d’or au Surinam [d’une valeur de 900 millions], on a calculé que les entreprises québécoises nous avaient fourni pour 96 millions en biens et équipements.

Louis-Pierre Gignac, coprésident de G Services miniers

Mathieu Gignac, sa conjointe et leurs deux enfants vivent en Équateur depuis deux ans en marge du gigantesque projet « Fruta Del Norte », où 1200 travailleurs locaux sont hébergés sur le site de la mine en construction.

Toujours se positionner

L’un des principaux défis de la PME : toujours avoir un projet dans son collimateur. Actuellement, elle se positionne afin de participer à un projet de mines au Ghana, en Afrique de l’Ouest. À moyen terme, elle lorgne des mines d’argent au Mexique.

« Il y a plein d’éléments sur lesquels on n’a aucun pouvoir, aucune influence. Comme l’obtention de permis et la recherche de financement. On aimerait justement pouvoir s’asseoir avec des institutions financières pour aider à régler la question du financement. Notre réputation peut rassurer les investisseurs », affirme Louis-Pierre Gignac.