Il y a quatre ans, Christiane Allard a pris sa retraite de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Après plus de trois décennies à travailler à temps plein, elle aurait pu se la couler douce, mais ce serait bien mal la connaître. Femme de projets, elle est devenue vigneronne.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Penser sa retraite

Carburant à l’action, elle savait qu’il lui faudrait une nouvelle occupation pour combler les 50 heures qu’elle consacrait à son boulot et aux déplacements chaque semaine. « Je ne me verrais pas me réveiller en me demandant ce que je vais faire de mes journées », explique-t-elle. Puisque son mari se passionne pour le vin depuis longtemps, ils ont visité plusieurs vignobles au Québec, en Ontario et en France. « Ça n’a pas été long avant que je devienne une adepte moi aussi. Le vin est associé à la joie, et les vignobles sont des endroits magnifiques. »

La naissance d’un rêve

Peu à peu, le projet d’avoir leur propre vignoble est apparu. « Nous avons acheté la terre de l’oncle de mon mari, huit ans avant ma retraite. Elle est près de nos autres terres agricoles à Saint-Blaise-sur-Richelieu, proche d’un cours d’eau et devant une ancienne église. On trouvait que c’était le plus bel endroit pour avoir un vignoble. » Ils n’ont cependant pas eu à économiser durant des années, puisque les revenus de leurs autres terres leur permettaient déjà l’achat. Par ailleurs, ils possédaient déjà l’équipement de base.

Un plan à la fois

Propriétaires d’une plantation depuis 12 ans, ils ont planté les vignes 24 mois plus tard, après avoir analysé les cépages qu’ils voulaient cultiver. « Quand on goûtait des vins, on notait nos coups de cœur, on s’informait sur les cépages et sur les professionnels qui accompagnaient les vignerons », explique la copropriétaire de Vignoble 1292. Soutenus par un œnologue-conseil, ils ont planté sept cépages hybrides qui résistent au froid du Québec, dont le Saint-Pépin et le Marquette.

La transition

Avant sa retraite, Christiane Allard consacrait au maximum 10 heures par semaine au vignoble. « Au début, la construction de la cuverie, les demandes de permis, la paperasse et le travail au champ durant l’été nous demandaient moins d’heures. » Depuis quatre ans, les choses ont bien changé. « Je ne pensais pas que je m’investirais autant dans une entreprise ! Comme vigneronne, on doit faire de tout : plantation, récolte, transformation du raisin, commercialisation, marketing, etc. C’est un défi extrêmement stimulant ! » Il faut dire que les connaissances requises dans le domaine sont vastes. « Juste au niveau des étiquettes des bouteilles, il y a une réglementation à respecter, un choix de couleurs et de texture à privilégier. C’est un monde à découvrir. »

Une retraite galvanisante

Après des années à travailler principalement dans un bureau, la vigneronne savoure ses occupations à l’extérieur. « C’est la santé, être dehors, affirme la jeune sexagénaire. Quand le printemps arrive et qu’on débute la taille des vignes, je respire l’air frais et j’entends les oiseaux qui reviennent. Je me sens vivifiée ! Ça fait 10 ans qu’on a planté les vignes et chaque jour, je trouve ça toujours aussi beau. C’est beaucoup de travail, mais je suis très fière du résultat ! »