Actuellement, 2,5 milliards d’humains n’ont pas accès à des systèmes d’assainissement de l’eau convenables et 780 millions à de l’eau potable, selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies établi à Atlanta. Ces chiffres sont à la fois de tristes constats et des motivateurs pour la fondation One Drop, qui multiplie les projets depuis 12 ans pour fournir l’accès à l’eau et conscientiser les gens à bien l’utiliser. La Presse s’est entretenue avec Véronique Doyon, vice-présidente, programmes, de One Drop. 

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

Q. Avec les années, vous avez changé votre façon de fonctionner pour concrétiser vos projets d’accès à l’eau potable. Comment ?

R. Jusqu’ici, nous avons fait des projets dans plusieurs pays d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique ainsi qu’en Inde. Au départ, on finançait des projets seuls. Ça coûtait cher pour un nombre de personnes très limité. On était plus dans la sécurité alimentaire. Aujourd’hui, on a trouvé notre place. On met globalement moins d’argent, mais on a un impact collectif plus important. Et on s’assure qu’il y a une pérennité, car on travaille tous ensemble. On opère en collaboration avec des ONG, avec les gouvernements. One Drop finance, par exemple, un programme baptisé Lazos de Agua au Mexique, avec la Banque internationale de développement, la Fondation Coca-Cola et la Fundación FEMSA. On accompagne le partenaire, Living Water International, sur le terrain pour s’assurer qu’on va livrer les projets durables. On s’assure que la communauté a pris le projet en main et qu’il y a une présence participative. Il faut bien comprendre le besoin des gens.

PHOTO FOURNIE PAR ONE DROP

Véronique Doyon, vice-présidente, programmes, de One Drop

Q. One Drop est habituellement approchée ou elle approche ? 

R. Un peu des deux. On a mis en place une stratégie dans les populations les plus vulnérables pour l’accès à l’eau et l’assainissement. Après, on joint des partenaires. Travailler seul n’a pas de sens pour avoir un impact global. Affaires mondiales Canada travaille, par exemple, sur un projet pour faire baisser le taux de mortalité dans le nord d’Haïti. L’accès à l’eau dans les centres de santé est criant. Un quart des centres n’a pas accès à de l’eau propre. Il y a des endroits où il n’y a pas d’eau dans les latrines. On va accompagner pour notamment s’assurer que le personnel soignant se lave les mains.

Q. Pour assurer la durabilité des installations d’eau potable, One Drop prône notamment l’art social pour le changement de comportement. Comment ça fonctionne ?

R. On essaie de changer les perceptions. Voilà pourquoi on fait une approche par l’art social, qui est reconnue comme une approche noble. On forme des gens sur le terrain. On fait des ateliers participatifs [NDLR : Comment bien se laver les mains ? Comment entretenir des latrines ? Comment bien conserver l’eau ?]. On va faire des murales. Un artiste pourra aussi dessiner des pieds au sol, soit de petits pas pour aller se laver les mains. On est très artistiques. C’est la meilleure façon d’apprendre.