Il n’y a pas que de grandes entreprises à Montréal ; de nombreuses jeunes pousses et PME s’activent aussi dans la métropole. Celles-ci font face à des défis de croissance, de rétention de talents et d’internationalisation, mais elles peuvent compter sur un réseau fort et sur de plus en plus de ressources.

Emilie Laperrière, Collaboration spéciale Emilie Laperrière, Collaboration spéciale
La Presse

PME MTL accompagne les PME dans les industries en émergence. La directrice générale de PME MTL Grand Sud-Ouest, Marie-Claude Dauray, constate que le contexte est favorable pour Montréal en ce moment. « Tous les outils sont là, comme de nouveaux fonds, de l’aide à la commercialisation, de nouveaux experts aussi. On s’est doté de moyens pour élever le jeu. Il y a un réel engouement pour l’entrepreneuriat à Montréal. »

Selon elle, la métropole compte un écosystème fort, où les incubateurs travaillent en réseau avec les accélérateurs et les universités.

Un pouvoir d’attraction

La concurrence s’avère féroce entre les écosystèmes du monde. Montréal réussit malgré tout à tirer son épingle du jeu.

« Montréal est une ville universitaire. Comme le talent est crucial, c’est une richesse qu’on peut mettre de l’avant. La ville est aussi une porte d’entrée sur l’Amérique du Nord pour les entrepreneurs étrangers. Notre caractère mi-européen, mi-américain nous rend plus conviviaux. On est ambitieux sans être prétentieux et ce trait est apprécié par plusieurs. Le style de vie convient également aux fondateurs de jeunes pousses », résume Liette Lamonde, cofondatrice de Bonjour Startup Montréal et directrice générale de Montréal Inc.

Des défis

L’experte estime que la croissance représente l’un des plus grands défis des jeunes entreprises. « On a un beau bassin de start-up. Maintenant, il faut leur faire franchir un autre stade, les aider à générer plus de revenus et à créer plus d’emplois. »

La solution passe souvent par l’exportation, une des faiblesses des entreprises en démarrage d’ici, selon Liette Lamonde.

L’écosystème montréalais s’en sort moins bien que ses semblables en matière d’internationalisation. Pourquoi ? On n’a pas toutes les réponses encore. En comparaison, Stockholm, qui est aussi un petit marché, se tourne beaucoup vers l’extérieur. C’est un réflexe naturel pour cette nation de conquérants, un réflexe qui nous fait défaut.

Liette Lamonde, cofondatrice de Bonjour Startup Montréal et directrice générale de Montréal Inc.

MissFresh a grandi rapidement, passant de 5 employés en 2015 à 275 aujourd’hui. L’entreprise offrant des boîtes de repas prêts à cuisiner fait face au casse-tête de la rétention des travailleurs. « Beaucoup d’entreprises souffrent de pénurie de main-d’œuvre, explique sa cofondatrice et présidente-directrice générale, Marie Eve Prevost. Il faut donc développer une culture attrayante pour garder nos talents. Lorsqu’on croît à cette vitesse, ça coûte cher s’il y a trop de roulement. »

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

« Beaucoup d’entreprises souffrent de pénurie de main-d’œuvre, explique la cofondatrice et présidente-directrice générale de MissFresh, Marie Eve Prevost. Il faut donc développer une culture attrayante pour garder nos talents. Lorsqu’on croît à cette vitesse, ça coûte cher s’il y a trop de roulement. »

Une synergie

Marie Eve Prevost constate que le réseau a grandement évolué en peu de temps. « Au moment où l’on révisait notre plan d’affaires, je sentais qu’il n’y avait pas beaucoup de ressources disponibles. Quatre ans plus tard, le nombre d’incubateurs et de programmes pour aider les entrepreneurs est quand même incroyable. On m’approche aujourd’hui pour faire du mentorat. Je trouve ça génial. »

L’observation est partagée par Jean-François Lalonde, directeur général de PME MTL Centre-Est. « Depuis 2015, il y a une synergie qui se crée. On le voit même au niveau collégial où il y a de plus en plus d’intervenants. La mise en place d’un continuum de services fait en sorte qu’on optimise la propulsion de nouvelles entreprises. »

Jeunes pousses en chiffres

Montréal compte 1300 entreprises en démarrage.

On retrouve plus de 2800 fondateurs de jeunes pousses dans la métropole.

L’écosystème des jeunes pousses montréalais s’est classé au 34e rang du palmarès Global Startup Ecosystem Report en 2019.

L’écosystème de Montréal se classe troisième dans le secteur de l’aérospatiale, après Seattle et Toulouse.

68 % des jeunes pousses montréalaises emploient entre une et neuf personnes.

Sources : Portrait de l’écosystème startup de Montréal (Bonjour Startup Montréal) et Global Startup Ecosystem Report 2019 (Startup Genome)