C’est une chose de vouloir recruter de la main-d’œuvre à l’étranger afin de pourvoir des postes vacants, c’en est une autre de bien cibler ses besoins avant de participer à des missions de recrutement, que ce soit à Paris ou à Tunis.

Yvon Laprade Yvon Laprade
Collaboration spéciale

« Il est très important que les entrepreneurs s’impliquent s’ils veulent que leurs démarches se concrétisent, précise Julie Biron, directrice du secteur attraction et développement de la main-d’œuvre à la Société de développement économique de Drummondville (SDED). Les entrepreneurs doivent faire leurs devoirs et se préparer en conséquence. »

Au cours de la dernière année, la SDED a mené des missions en France et en Tunisie auxquelles ont participé 80 entrepreneurs du Centre-du-Québec. Les entreprises participantes ont ainsi recruté des employés désireux de venir tenter leur chance au Québec dans des entreprises manufacturières, notamment.

« Quand on arrive là-bas, explique la directrice générale, les employeurs québécois sont déjà très avancés dans leurs démarches d’embauche. Ils rencontrent les employés, ils finalisent les dernières étapes. »

Nous disons aux entrepreneurs qu’ils doivent donner l’heure juste aux candidats, leur fournir les bonnes informations. On veut les faire venir au Québec, dans notre région, et on espère qu’ils vont s’y implanter, et non pas aller travailler à Montréal par la suite. 

Julie Biron

Des critères d’embauche

Frédéric Jeannotte, directeur des ressources humaines chez Microbird – une entreprise formée par le partenariat entre Blue Bird aux États-Unis et Girardin à Drummondville –, prévoit de faire travailler une vingtaine d’employés venus de l’étranger au cours de la prochaine année.

« On a quatre Français, et on a recruté des Tunisiens et des Marocains, dit-il. C’est un début. »

Il ne cache pas, cependant, que tout ce processus demande une connaissance fine des questions touchant l’immigration.

« On commence à s’habituer, soulève le dirigeant du plus grand constructeur de minibus scolaires en Amérique du Nord, avec plus de 500 employés. On a commis des erreurs de débutant. Mais on a maintenant la chance de pouvoir compter sur les services d’un avocat en immigration, localement. Ça nous facilite grandement la tâche ! »

Frédéric Jeannotte s’est lui-même rendu en Tunisie le mois dernier lors d’une mission menée par la Société de développement économique.

Et il a rencontré des ingénieurs qui souhaitent s’expatrier au Québec pour occuper des postes d’assembleur à l’usine d’autobus scolaires.

« Ils font ce choix pour assurer l’avenir de leur famille, permettre à leurs enfants d’avoir accès à une éducation », souligne-t-il.

Il insiste sur un élément en particulier : la langue de travail. « Ce sont des francophones qui viennent travailler dans un environnement francophone, ça facilite l’intégration, dit-il. On s’attend à ce qu’ils s’installent en permanence au Québec, au-delà du permis de travail de 12 à 24 mois. Et on s’assure, avant de les embaucher, qu’ils aient les compétences nécessaires et la formation adéquate pour effectuer du bon travail à nos installations. »

Travailler en équipe

Chose certaine, la stratégie de recruter à l’international semble porter ses fruits, relève Julie Biron. « Je dis qu’il faut essayer des choses, innover, pour combler nos besoins de main-d’œuvre [en ces temps de pénurie et de rareté]. Si on ne fait rien, il ne se passera rien ! »

Cela passe également par un travail de concertation, pour éviter que tout ce beau monde travaille en vase clos.

« Ici, on travaille avec les régions. On a compris l’importance de s’unir pour atteindre nos objectifs. On a des entreprises du Saguenay, de Victoriaville. Ça dépasse les limites territoriales de Drummondville. »