La prolifération des FNB et le développement important des fonds sectoriels et thématiques laissent certainement croire que les investisseurs peuvent maintenant bâtir leur portefeuille uniquement en utilisant les FNB. Mais est-ce une bonne idée ? Pourront-ils réaliser des rendements aussi bons ? Des experts nous aident à y voir plus clair.

Jean Gagnon Jean Gagnon
Collaboration spéciale

Gérer les attentes

FNB ou autres instruments, les principales règles de la gestion de portefeuille demeurent toujours valides, explique d’entrée jeu Ian Gascon, président de Placements Idema. D’abord la répartition du portefeuille. « La diversification actions-obligations a bien fonctionné jusqu’à maintenant en 2019 », dit-il. Les marchés boursiers s’apprécient et les taux obligataires baissent. C’est le meilleur des mondes. Mais cela peut-il se poursuivre encore longtemps ? On peut en douter. Il importe donc de placer ses attentes à un niveau réaliste, suggère M. Gascon. L’évolution des marchés au cours des dernières années a permis de gagner de l’argent facilement, note le gestionnaire. Mais il faut maintenant faire attention, selon lui.

Les solutions tout-en-un 

Pour ceux qui ont peu de temps à consacrer à la gestion de leur portefeuille, il existe maintenant des fonds de fonds FNB qui constituent une solution complète aux besoins des investisseurs, explique Alain Desbiens, directeur de FNB BMO. Cette division de la Banque de Montréal offre pour sa part trois solutions de ce type. Elles se composent chacune de six de ses propres FNB. Comme pour tout autre type de portefeuille, le choix déprendra de la tolérance au risque de l’investisseur et se fera entre les fonds « conservateur », équilibré ou croissance. La répartition des actifs passera de 40 % actions/60 % obligations pour le fonds « conservateur » à 80 % actions/20 % obligations pour le fonds croissance.

Bâtir soi-même son portefeuille

Il y a certains préalables pour bâtir soi-même son portefeuille, et à plus forte raison s’il s’agit d’un portefeuille de FNB. « Vous devez avoir le temps, l’intérêt et l’expertise », rappelle Alain Desbiens. Vous devez également comprendre que vous serez privé d’un élément important dans la gestion du portefeuille, soit le rééquilibrage périodique qui se fait automatiquement avec les solutions tout inclus. Une fois cela bien compris, l’investisseur peut à partir de quelques FNB indiciels établir la pierre d’ancrage, ou la base du portefeuille. Ensuite, il ajoutera des FNB sectoriels en fonction de ses perspectives de marché. Ces interventions tactiques aideront à bonifier le rendement du portefeuille, mais elles ajouteront un élément de volatilité qui devra être géré adéquatement.

À ne pas oublier

À ceux tentés de gérer eux-mêmes leur portefeuille étant donné la flexibilité que leur offre le marché des FNB, Ian Gascon rappelle qu’investir soi-même ne donnera pas forcément de meilleurs résultats que d’acheter une solution tout-en-un ou de se faire conseiller adéquatement par un spécialiste. La gestion de portefeuille n’est pas un exercice facile. « Rares sont les individus qui ont un portefeuille efficace », dit-il. De plus, afin de s’éviter de mauvaises surprises, l’investisseur autonome devra s’assurer de bien comprendre les FNB qu’il utilisera, sur le plan de la construction des fonds autant que sur le plan de la liquidité qu’ils offrent.