Équipe Totem attire l’attention des distributeurs après avoir percé des marchés internationaux grâce au commerce en ligne.

Etienne Plamondon Emond
Collaboration spéciale

La plupart des exemplaires du jeu Totem, créé en 2015 par Jade Tremblay, Tessa Paradis et Carol Rancourt, ont été achetés à l’extérieur du pays, 92 % du chiffre d’affaires de 400 000 $ de la PME saguenéenne est lié aux ventes de ce produit à l’étranger. Sa principale porte d’entrée à l’exportation ? La plateforme Amazon.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Carol Rancourt, Tessa Paradis et Jade Tremblay ont fondé Totem en 2015.

« Grâce aux stratégies numériques, on arrive à se démarquer à l’international sans passer uniquement par le chemin traditionnel des distributeurs », note Jade Tremblay, cofondateur de l’entreprise Équipe Totem. Ces derniers, avec un catalogue déjà bien garni, se montraient au départ peu enclins à prendre Totem sous leur aile. Ce jeu, basé sur la communication aux autres de leurs forces et qualités, ne leur semblait pas un gage de succès, même s’il avait déjà trouvé écho auprès des psychologues organisationnels, qui l’utilisaient pour des activités de consolidation d’équipe.

En 2019, leur attitude s’est révélée différente. Équipe Totem a conclu des ententes avec Asmodee Canada pour sa distribution dans les magasins du pays, puis avec BlackRock Games pour celle dans 800 points de vente en France, en Suisse et en Belgique. Selon Jade Tremblay, ce récent intérêt est dû à la notoriété gagnée avec les ventes en ligne.

Dès 2015, Équipe Totem a créé une fiche pour son produit sur Amazon et déposé ensuite dans ses entrepôts 80 jeux. Mais ce n’est qu’en 2017 qu’elle a découvert le potentiel du commerce électronique. Un magazine français a publié cette année-là une critique élogieuse et les commandes se sont multipliées sur son propre site internet. « Cela a propulsé nos ventes en ligne à l’international, souligne Jade Tremblay. Quelques mois plus tard, on avait des jeux livrés dans 14 pays différents. »

La percée américaine

Dans les mois suivants, la PME a exploré davantage les possibilités du commerce en ligne aux États-Unis. Elle a peaufiné le texte de sa fiche sur Amazon, puis a commencé à payer 15 $ par jour pour une publicité sur la plateforme. « Dès le premier jour, on a fait 75 $ de ventes, raconte-t-il. Ce fut ainsi pendant un mois : on vendait deux à trois jeux par jour. » Pour éviter les frais d’entreposage à long terme dans les installations d’Amazon, elle y a laissé 200 jeux, puis a loué en mai 2017 un entrepôt secondaire à proximité dans l’État de Géorgie pour y placer 1600 produits… tous écoulés en janvier 2018. La lancée s’est poursuivie. Aujourd’hui, entre 900 et 1000 jeux Totem sont achetés chaque mois aux États-Unis.

L’entreprise a analysé qui commente ou commande son produit sur la plateforme Amazon et quels mots-clés ont mené leur recherche au jeu Totem. « On est en mesure de recréer les quatre portraits types de notre clientèle grâce aux données recueillies, explique Jade Tremblay. On s’en sert dans nos communications sur toutes les plateformes pour percer en Europe de manière plus importante. »

Une PME internationale

Les jeux sont actuellement imprimés en Chine avant d’être acheminés dans des entrepôts en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Ontario. La PME, qui gère tout depuis la ville de Saguenay, sous-contracte une douzaine de personnes à travers le monde pour s’occuper de la promotion. Alors qu’elle travaille sur la création de nouveaux jeux, elle mise désormais tant sur le cyberespace que sur les circuits de distribution traditionnels pour augmenter ses revenus à l’étranger. « On veut être dans des boutiques, mais déployer beaucoup d’énergie dans les stratégies numériques pour générer une demande », explique-t-il.