Brasser des affaires à l’international représente une priorité pour de nombreuses PME. Comment le prochain gouvernement fédéral pourrait-il les aider à faire leur marque à l’étranger ? Tour de la question avec quelques experts.

Emilie Laperrière Emilie Laperrière
Collaboration spéciale

Différentes mesures peuvent être entreprises pour faciliter les exportations, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Le directeur principal de la recherche nationale Simon Gaudreault rappelle qu’une très forte proportion des PME font majoritairement, si ce n’est pas uniquement, des affaires aux États-Unis en raison de leur proximité. Les exportations se font donc surtout par la voie terrestre.

« Nos membres nous ont souvent mentionné qu’il y a des problématiques à la frontière. C’est parfois compliqué, les chargements sont retenus longtemps, il y a encore des problèmes réglementaires… », explique-t-il.

Il faudrait améliorer cette fluidité pour être toujours plus compétitifs sur le marché américain, qui demeure le cœur du commerce international pour le Québec.

Simon Gaudreault, de la FCEI

Augmenter le nombre d’exportateurs

La présidente-directrice générale de Manufacturiers et exportateurs du Québec parle elle aussi de notre dépendance au marché américain.

« Si on remonte en 2009, les États-Unis et le Canada investissaient de part et d’autre de la frontière autour de 20 milliards de dollars. En 2018, le Canada investissait 80 milliards aux États-Unis, alors que les Américains engageaient seulement 20 milliards. Les États-Unis ont maintenu le même niveau d’investissements, tandis que nous, c’est quatre fois plus. Plutôt que d’investir dans nos usines pour augmenter notre productivité, on investit sur d’autres marchés », déplore Véronique Proulx.

Elle propose deux pistes de solution à cette réalité : augmenter le nombre d’exportateurs et amener les PME à se diversifier davantage. « Inspirons-nous des meilleures pratiques. Déterminons quels sont les secteurs d’activité qui ont le plus de potentiel pour réussir à l’étranger et ceux qui ont le plus de potentiel pour se diversifier. Ensuite, identifions et accompagnons les entreprises qui ont la capacité de réussir. »

Se diversifier

D’une manière plus large, la FCEI salue les nouveaux accords de commerce qui ont été signés dans les dernières années. « C’était un bon coup de la part du Canada. Ça diversifie les marchés pour nos entreprises. On est bien positionné pour aller chercher des contrats un peu partout sur la planète. On voit par contre du côté de l’accord avec l’Union européenne que les Européens en ont plus profité que nous », souligne Simon Gaudreault.

Celui-ci suggère au prochain gouvernement de mieux informer les PME dans toutes les régions des possibilités que ces accords représentent, et de leur offrir de l’aide technique en organisant des missions ou en ouvrant des bureaux à l’étranger où les PME peuvent se connecter.

Tendre la main aux PME

STAS en connaît un rayon sur les exportations. L’entreprise de Chicoutimi spécialisée dans le développement, la fabrication et la commercialisation d’équipements spécialisés pour l’industrie de l’aluminium exporte 90 % de sa production. Ses géants d’acier se retrouvent principalement en Russie, au Moyen-Orient, en Inde, aux États-Unis, en Australie, au Brésil, en Afrique du Sud et en Chine.

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L’entreprise STAS, de Chicoutimi, est spécialisée dans le développement, la fabrication et la commercialisation d’équipements spécialisés pour l’industrie de l’aluminium et exporte 90 % de sa production.

Le responsable du marketing et des communications, Dominic Vézina, estime que le gouvernement peut d’abord aider les PME en les accompagnant. « C’est essentiel de faire affaire à l’international aujourd’hui pour pouvoir croître. Une petite entreprise de 5, 10 ou 15 employés n’a pas les moyens de le faire sans aide, dit-il. Ça ne se réalise pas du jour au lendemain. Il faut avoir un réseau et être accompagné. »

Ce dernier croit que le gouvernement devrait offrir des mesures concrètes, comme du coaching ou de l’aide juridique, pour propulser les petits acteurs à l’international. À bon entendeur…