Le tourisme d’affaires engendre des occasions d’attirer dans les différentes villes du Québec de nouvelles clientèles particulièrement lucratives. Elles le seront encore plus si l’opération séduction fonctionne et que ces touristes reviennent dans ces endroits pour des vacances.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

La clientèle d’affaires a généré plus de 602 millions de dollars en 2018, d’après l’Association des professionnels de congrès du Québec (APCQ). Ce sont 3443 congrès et événements qui se sont déroulés sur l’ensemble du territoire québécois et ils ont généré plus de 1 million de nuitées.

« Ces données tiennent compte des événements d’un minimum de 40 nuitées, et il faut savoir aussi que plusieurs touristes d’affaires retournent chez eux le soir, un phénomène particulièrement répandu dans les régions centrales du Québec », explique Steeve Gagné, président de l’APCQ, qui tente de trouver une façon de mieux mesurer tout le tourisme d’affaires au Québec.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Pour l’année financière 2017-2018, les congrès tenus au Palais des congrès de Montréal ont généré plus de 133 millions de dollars.

Le Palais des congrès de Montréal est à l’origine d’une bonne part des retombées québécoises. Pour l’année financière 2017-2018, ses congrès, souvent majeurs, ont généré plus de 133 millions de dollars. En mai dernier, s’y est tenu le congrès de l’International Society for Magnetic Resonance in Medicine. Les 6200 délégués ont engendré 17 360 nuitées dans les hôtels de Montréal et des retombées économiques de près de 22 millions.

Les villes espèrent toujours avoir été suffisamment séduisantes pour que les délégués souhaitent revenir.

Un sondage réalisé pour Tourisme Montréal a révélé que 84 % des touristes d’affaires avaient l’intention de revenir à Montréal pour un séjour d’agrément.

Québec a le vent dans les voiles

La clientèle internationale est particulièrement prisée en tourisme d’affaires, puisqu’elle a tendance à séjourner plus longtemps.

À Québec, si le nombre de congrès internationaux par année se comptait il n’y a pas si longtemps sur les doigts d’une main, le Centre des congrès en a reçu 18 l’an dernier. Pour faire ces gains, des ambassadeurs ont été ciblés, notamment à la faculté des sciences et de génie de l’Université Laval. Des mesures incitatives ont été mises en place pour les professeurs-chercheurs, comme des redevances versées dans des fonds de recherche. Résultat : sept congrès internationaux se sont tenus dans les quatre derniers mois et ont généré des retombées économiques de près de 4 millions.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Pierre-Michel Bouchard, président-directeur général du Centre des congrès de Québec et de Québec Destination affaires

L’été, les professeurs-chercheurs de l’international peuvent profiter du congrès pour combiner travail et loisir en prolongeant leur séjour.

Pierre-Michel Bouchard, président-directeur général du Centre des congrès de Québec et de Québec Destination affaires.

En plus des nuitées à l’hôtel, ces gens utilisent des services de traiteur pendant le congrès, vont au restaurant, magasinent, etc.

« Ça fait travailler bien du monde localement, affirme Pierre-Michel Bouchard, président-directeur général du Centre des congrès de Québec et de Québec Destination affaires. Et en attirant des gens de l’international, c’est de l’argent complètement frais qui entre dans la province. »

Salutaire pour les régions

Dans plusieurs régions du Québec, le tourisme d’affaires n’est ni plus ni moins que salutaire.

« Pour la majorité de nos membres, c’est ce qui fait la différence entre rester en affaires et fermer, remarque Steeve Gagné. Le tourisme d’affaires représente souvent de 55 à 60 % des revenus annuels des établissements d’hébergement touristique. La dépense touristique est plus élevée aussi chez les touristes d’affaires que d’agrément. De plus, les deux catégories ont lieu dans des périodes opposées, alors servir les deux clientèles permet aux employeurs d’offrir des emplois à l’année. »

Les acteurs régionaux multiplient également les efforts pour que les congressistes reviennent visiter la destination en famille, ou encore pour qu’ils prolongent leur séjour.

« Ça passe beaucoup par les activités et les périodes libres dans les congrès, précise Steeve Gagné. Les spécialistes de la destination doivent d’assurer de faire de belles propositions aux congressistes pour qu’ils découvrent la région. Ainsi, le tourisme d’affaires peut être converti en tourisme d’agrément. »