De nouvelles cohortes d’entrepreneurs investiront les locaux des incubateurs du Québec au cours des prochaines semaines. Comment profiteront-ils des lieux pour développer leur projet d’entreprise ? La Presse s’est entretenue avec trois d’entre eux qui volent maintenant de leurs propres ailes.

Martin Primeau Martin Primeau
Collaboration spéciale

Julien Chosson et Mathieu Hamel ne se connaissaient ni d’Ève ni d’Adam lorsqu’ils ont rejoint en 2016 les rangs du Centech, l’incubateur de l’École de technologie supérieure (ETS), à Montréal. Au fil des rencontres avec les conseillers et mentors de l’endroit, le gestionnaire et l’ingénieur ont finalement uni leurs forces. Leur entreprise, Wastack, compte maintenant cinq employés, et crée des solutions technologiques au service des terrains d’enfouissement.

« L’incubateur t’aide à ressortir de là avec un produit, un marché et une équipe, explique M. Chosson. Mathieu et moi, on est arrivés avec des projets différents, mais on a vite compris qu’on avait avantage à travailler ensemble. »

En plus de réunir des entrepreneurs dans un même espace, le Centech leur a donné accès à des spécialistes connectés sur la communauté d’affaires ainsi qu’à des équipements spécialisés, notamment une imprimante 3D. « Tu gagnes un temps fou à chaque étape », ajoute M. Chosson.

Tisser des liens

Des gains en temps, Gabriel Gagné-Marcotte et Adam Frégeau en ont aussi réalisé en se joignant à la cohorte de l’incubateur-accélérateur Espace-inc de Sherbrooke en 2017. « Si tu as une question urgente à régler en ressources humaines ou en schéma d’usine, par exemple, on te met vite en relation avec quelqu’un qui peut aider », confie le premier des deux, qui agit à titre de président d’Énergie Solutions Air (ESA).

À leur arrivée chez Espace-inc, les deux entrepreneurs se sont d’abord vu assigner un mentor. Ils ont aussi profité d’une série de séances d’information avec des coachs spécialisés.

On prend le temps de travailler le modèle d’affaires, mais aussi de nous développer comme gestionnaires.

Gabriel Gagné-Marcotte, président d’Énergie Solutions Air (ESA)

Son entreprise a inauguré en janvier dernier sa toute première usine de fabrication d’échangeurs d’air destinés aux bâtiments de ferme. ESA partage d’ailleurs ses installations avec trois autres PME issues de l’incubateur sherbrookois. Comme quoi le réseau d’affaires forgé dans l’incubateur sert toujours une fois le nid quitté, souligne M. Gagné-Marcotte.

Pas que pour la techno

Les incubateurs québécois ne se limitent toutefois pas à développer des projets de haute technologie. Le cas d’Anne Gaignaire constitue un exemple patent. Après un an à la Fondation Montréal inc., la journaliste indépendante cherchait un autre type d’accompagnement en vue de lancer Le Curieux, son projet de média d’information et d’actualité destiné aux 9 à 12 ans.

Elle a rejoint la cohorte 2017 d’entreprism, incubateur de HEC Montréal destiné à l’intégration des nouveaux arrivants dans l’écosystème entrepreneurial québécois. En plus de profiter d’un espace de travail et de la présence de conseillers, l’entrepreneure a pris part à une série de cours en entrepreneuriat répartis sur six mois. « C’est ce qui me manquait pour finalement oser lancer mon projet », raconte celle qui a finalement démarré son magazine en cours de processus.