Ce n’est pas parce que l’on possède un patrimoine intéressant que l’on est nécessairement bien organisé. Certains peuvent être totalement désordonnés ou simplement démunis devant la nécessité de gérer cet avoir. À notre demande, Denis Gauthier, premier vice-président et directeur national, Financière Banque Nationale, nous raconte l’histoire de Jean-Pierre (prénom fictif, mais cas bien réel).

Jean Gagnon Jean Gagnon
Collaboration spéciale

Entrepreneur dans le secteur industriel, âgé d’environ 50 ans, Jean-Pierre possédait une entreprise qui connaissait beaucoup de succès et son patrimoine ne cessait de croître. Un jour, il demande à rencontrer un conseiller qu’un ami lui avait recommandé sur la foi que ledit conseiller avait de très bonnes idées de placement.

Dès le début de la rencontre, le conseiller constate que Jean-Pierre a déjà des comptes de placement dans quatre autres institutions financières. « Ce n’était pas parce qu’il ressentait un besoin de diversification, mais plutôt parce qu’il croyait que la façon de faire fructifier ses avoirs était de tenter de saisir les bonnes occasions à gauche et à droite », rappelle Denis Gauthier.

Il a fallu trois rencontres avec Jean-Pierre pour lui faire comprendre toutes les composantes de sa situation qui avaient une importance dans la gestion de son patrimoine.

Il avait trois enfants, deux garçons et une fille, qu’il ne savait trop comment intéresser à ses affaires. Il ignorait ce que deviendrait à long terme son entreprise. Mais en même temps, un désir de retraite avant d’être trop âgé l’habitait déjà. Il avait aussi une conjointe et une ex-femme qu’il ne voulait pas laisser tomber financièrement. Il souscrivait à plusieurs régimes d’assurance sans trop en comprendre les objectifs réels. Et c’était sans compter quelques résidences secondaires au Québec et en Floride.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Denis Gauthier, premier vice-président et directeur national, Financière Banque Nationale

« On épargne en vue de la retraite, mais tout le reste demeure plutôt flou. »  — Denis Gauthier, premier vice-président et directeur national, Financière Banque Nationale

Par où commencer ?

« On le dirigera d’abord vers des experts en transfert d’entreprise », raconte Denis Gauthier. Résultat, sa fille a repris l’entreprise après un apprentissage qui s’est articulé sur une période de cinq ans.

Ensuite, l’organisation de ses investissements. Il constata rapidement que ses placements, tous éparpillés, étaient bien mal structurés, et surtout mal diversifiés. Il accepta l’idée du regroupement de tous ses comptes de placement. L’exécution de ce projet ne fut pas facile, car il eut à faire face à des efforts de rétention importants des quatre autres institutions financières. Mais en comprenant mieux tous les fondements de la gestion de portefeuille, Jean-Pierre conclut que le regroupement de tous les éléments de son patrimoine était nécessaire.

On s’attaqua ensuite à la planification successorale, tout en corrigeant certaines situations désavantageuses sur le plan fiscal. Par exemple, des capitaux accumulés dans des régimes d’assurance qui devaient être gérés de façon différente afin d’éviter une facture fiscale salée au décès.

« Jean-Pierre est entré chez nous dans l’intention de faire quelques bons placements, mais il est ressorti un an et demi plus tard avec un plan de gestion de patrimoine complet, passant d’une situation complexe et désordonnée à une situation clés en main », résume Denis Gauthier.

Pas besoin d’être très riche

Évidemment, nous ne sommes pas tous entrepreneurs à succès tel Jean-Pierre. Mais les besoins se ressemblent, estime Denis Gauthier.

Tous auront à gérer les événements de la vie : achat d’une maison, arrivée des enfants, maladie, évolution de carrière, achat et vente d’entreprise, retraite, décès. « Tous auront besoin d’organiser le désordre », conclut Denis Gauthier.