En octobre dernier, Momentum Technologies concrétisait le transfert de plus de 40 % de son actionnariat grâce à l’obtention de financement de Desjardins, de la Banque de développement du Canada (BDC) et d’Investissement Québec. C’est l’aboutissement d’un long processus de reprise par des employés de la relève. Michel Ganache, président cofondateur de cette firme de services-conseils en technologies de l’information, raconte les hauts et les bas du processus.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

En 2013, 10 ans après la fondation de Momentum Technologies, l’un des cinq cofondateurs a voulu se retirer. Allaient-ils tous se retirer en même temps et vendre l’entreprise ? Il a rapidement été décidé que les autres actionnaires allaient plutôt racheter les parts de cet associé et introduire dans l’actionnariat un employé de la relève, Mohamed Guetat.

« C’était important de lui faire de la place pour qu’il puisse exprimer son talent. Nous lui avons confié les volets intelligence d’affaires et Microsoft, raconte Michel Ganache. Ce sont les deux branches qui ont eu de la croissance dans les années qui ont suivi. Cela nous a donné confiance pour la suite. »

Moins de trois ans plus tard, deux autres associés partaient à leur tour, ce qui signifiait plus de 20 % de l’actionnariat. L’entreprise est allée chercher du financement auprès de son institution financière et en a profité pour introduire de nouveaux actionnaires de la relève.

« Depuis 2013, nous bâtissons une relève, indique M. Ganache. Nous avons mis en place un processus pour identifier les employés avec du potentiel, les accompagner, leur donner des responsabilités et les évaluer pour qu’un jour, ils deviennent associés. Ce processus nous permet aussi de dire clairement aux employés qui souhaitent devenir actionnaires ce qu’on attend d’eux. »

Prêts pour la transaction majeure

Cette planification de la relève a été fort utile lorsque, l’an dernier, deux actionnaires qui détenaient plus de 40 % de Momentum Technologies ont voulu retirer leurs billes. Michel Ganache, 54 ans, s’est encore demandé s’il était temps pour lui de partir. Mais il avait envie de poursuivre l’aventure dans l’entreprise, qu’il souhaitait continuer à voir évoluer avec la relève qui partageait la même culture et les mêmes valeurs. Il a par contre dû avoir des discussions animées avec les autres associés sur la possibilité de vendre l’entreprise à l’externe à un prix possiblement plus élevé.

« Lorsqu’on ne s’entend pas sur la stratégie de sortie de nos partenaires, avec qui on a bâti l’entreprise, ça devient rapidement très émotif, alors nous nous sommes fait accompagner par des gens de l’externe pour analyser les avenues possibles et le financement. Ces experts permettent d’enlever un peu d’émotion et d’ajouter des éléments rationnels dans la prise de décision alors qu’il y a de gros sous en jeu. »

— Michel Ganache, président cofondateur de Momentum Technologies

Réussir à convaincre des partenaires de financer le transfert de l’entreprise était bien sûr capital. Momentum Technologies tenait aussi à obtenir en même temps une somme à investir pour commercialiser dans le reste du Canada son produit de gestion d’entreprise Manitou.

« Mohamed Guetat, qui avait fait ses preuves, devenait directeur général et je restais président, alors les partenaires financiers avaient confiance, explique M. Ganache. J’ai toujours entretenu des relations avec les institutions financières pour qu’elles soient au courant des projets de l’entreprise, et c’est dans l’établissement de ces relations à long terme que la confiance s’installe. »

Finalement, différentes institutions financières ont montré leur intérêt et, après avoir analysé leurs conditions, Momentum Technologies a choisi le trio Desjardins, BDC et Investissement Québec.

Déjà, Michel Ganache est satisfait des résultats.

« Nous avons eu une très belle année et nous bâtissons notre vision d’avenir avec, notamment, un bureau que nous venons d’ouvrir en Tunisie, explique-t-il. Nous avons plusieurs d’employés d’origine tunisienne embauchés lors de missions de recrutement, alors nous y avons déjà un réseau. Avec la pénurie de main-d’œuvre, c’était le bon moment. »