Pendant deux ans, Paule Gervais et son conjoint Marc Quesnel ont fait des économies en vue de l’achat de leur première maison. Puis, le jeune couple a reçu un coup de pouce extraordinaire : les parents de Paule ont avancé une bonne somme pour augmenter la mise de fonds nécessaire à l’obtention du prêt hypothécaire.

Yvon Laprade Yvon Laprade
Collaboration spéciale

« On a réussi à mettre de côté le tiers de notre salaire sans même manger du Kraft Dinner ! », raconte la jeune femme avec humour.

Mais elle ajoute, plus sérieusement : « On se considère vraiment très chanceux d’avoir cette aide financière. Ça nous a permis de faire les bons choix, et d’acheter la propriété qui nous convenait. »

UNE AIDE TRÈS RENTABLE

Résultat : avec une somme comptant représentant 25 % du prix payé pour le duplex de Sainte-Thérèse, payé 345 000 $, le couple a pu obtenir un prêt hypothécaire sans l’intervention de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), ce qui lui a permis de faire des économies de quelques milliers de dollars.

Selon un sondage réalisé l’automne dernier pour la Fédération des chambres immobilières du Québec, Marc et Paule font partie d’une petite minorité de premiers acheteurs qui ont réussi à avancer plus de 20 % de la mise de fonds lors du financement hypothécaire.

« À vrai dire, précise l’économiste de la Fédération, Yanick Desnoyers, plus de 55 % des premiers acheteurs ne disposent même pas d’un montant cash de 10 %. Quand on sait la valeur en hausse des propriétés, on comprend que ça leur met une pression supplémentaire. C’est une barrière à l’entrée dans le marché ! »

La Fédération continue de militer en faveur de l’élimination des droits de mutation, communément appelés la taxe de bienvenue, pour les premiers acheteurs. « Ce serait une façon d’encourager l’accès à la propriété et d’augmenter la moyenne, encore très basse, à 61 %, du taux de propriétaires au Québec », fait valoir l’économiste.

25 % : c'est le pourcentage des premiers acheteurs au pays qui sollicitent une aide financière de 5000 à 50 000 $.

Source : un récent sondage réalisé pour BMO Groupe financier

LA VILLE OU LA BANLIEUE ?

Paule Gervais ne cache pas que l’achat d’une propriété, quand on en est à sa première expérience, amène son lot de surprises et de déceptions. « Avant de lancer nos recherches, dit-elle, on était conscients que les prix étaient élevés. Et ça nous a obligés à prendre des décisions en fonction du budget qu’on avait établi au départ. »

C’est ainsi que le choix d’acheter dans la couronne nord de Montréal s’est imposé après que le couple eut envisagé de s’installer à Montréal. « À Montréal, relève-t-elle, il nous aurait fallu débourser 500 000 $ et plus pour un duplex comparable. À Sainte-Thérèse, on est tout près de la gare de train et ça facilitera mes déplacements vers le centre-ville, pour mon emploi. »

« Avant de trouver ce duplex, nous avions fait deux offres d’achat sur deux autres propriétés, mais chaque fois, il y avait d’autres acheteurs qui nous livraient compétition. On cherchait depuis le mois d’août et on a visité 20 propriétés. » 

— Paule Gervais

UN DUPLEX CLÉS EN MAIN

Le couple qui est à loyer, dans le quartier Villeray à Montréal, prévoit prendre possession du duplex « clés en main » en juin. « On a acheté un immeuble en excellente condition, bien droit, qui n’exige pas de rénovations », se félicite Paule, dont le conjoint Marc est… maçon.

Déjà, sa famille et celle de son conjoint se préparent à leur donner un coup de main en vue du déménagement. « Nous sommes bien entourés, dit la future propriétaire, reconnaissante. Nos parents respectifs sont heureux pour nous, et ils nous aident, chacun à leur manière. »

Ses deux sœurs ont eu droit, elles aussi, à l’aide financière des parents pour acheter leur première maison.

« Acheter une première maison, c’est une belle aventure, conclut-elle. Mais il faut aussi savoir faire face aux imprévus, et demander conseil à ceux qui sont passés par là avant nous. On va faire appel à l’expérience de nos parents, le temps venu ! »

Les dépenses du couple (pour la première année)

3600 $ : droits de mutation (taxe de bienvenue)

2800 $ : taxes foncières (Sainte-Thérèse)

350 $ : taxe scolaire (commission scolaire des Mille-Îles)

5000 $ : achat d’électroménagers neufs, peinture, rideaux, etc.