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Relancer Montréal

Rendre les chantiers sexy

Les chantiers omniprésents feront partie du paysage montréalais pour au moins 5 à 10 ans. Pourquoi ne pas mieux les valoriser plutôt que de les conspuer? Une stratégie concrète est en élaboration a appris La Presse.

Le pont Champlain, l'échangeur Turcot, la rue Sainte-Catherine Ouest, la Plaza St-Hubert... Les Montréalais - et tous ceux qui visitent la ville - n'ont pas fini de voir des cônes orange au cours des prochaines années. Mais plutôt que de continuer à pester, des voix s'élèvent pour transformer ces chantiers omniprésents en «actifs», voire en carte de visite pour Montréal.

Selon ce qu'a appris La Presse, la firme publicitaire Sid Lee travaille en ce moment même à échafauder un concept pour valoriser les innombrables chantiers à venir. C'est Louis Vachon, président de la Banque Nationale, qui a mandaté la firme à ce sujet. Le banquier se dit particulièrement préoccupé par le trajet entre l'aéroport et le centre-ville, qui traverse les chantiers du rond-point Dorval et de Turcot, pour ne nommer que ceux-là.

«Je voyage beaucoup pour mon travail, et sans vouloir être superficiel, la première impression compte pour beaucoup, explique M. Vachon en entrevue. Est-ce qu'on peut dire au monde qui vient nous visiter que notre ville est en rénovation, qu'on investit dans notre avenir et notre bien-être, et que la ville va avoir de la gueule lorsque ça va être fini?»

La façon de mettre en valeur tous ces chantiers n'est pas encore claire, d'où le mandat confié à Sid Lee, la principale agence publicitaire de la Banque. Il pourrait s'agir de panneaux explicatifs, couplés à un certain habillage des zones de travaux. «Lorsqu'il y a de grandes rénovations à Londres, ils vont mettre un bel extérieur à leurs chantiers», illustre Louis Vachon.

Martin Gauthier, président de Sid Lee, confirme que son équipe jongle ces jours-ci avec plusieurs concepts. Il évoque la possibilité de placer des arches ou encore des statues géantes en bordure du trajet vers le centre-ville, tout en précisant que rien n'est encore arrêté.

Cinq à dix ans de travaux

L'économiste Claude Montmarquette, PDG du CIRANO, croit lui aussi que les Montréalais devraient tenter de tirer le meilleur profit possible de tous ces chantiers, plutôt que de «continuer à taper sur le clou». Car quoi qu'on fasse, les travaux s'étaleront encore sur 5 à 10 ans, au bas mot.

«Ça pourrait être vu comme des actifs, comme une ville qui se renouvelle, dit M. Montmarquette. De toute façon, les investisseurs ne viendront pas demain matin. Je pense qu'on pourrait faire une campagne marketing, c'est sûr.»

Et qui paiera la note de cet «embellissement» souhaité des chantiers? La Banque Nationale est prête à contribuer, mais Louis Vachon souligne qu'il faudra impérativement des partenaires pour assumer les coûts élevés d'un tel programme.

Le banquier présentera cette initiative le 17 novembre dans le cadre de la conférence «Je vois Montréal», où 120 projets de toute sorte seront annoncés en vue de relancer l'économie montréalaise.

Appel au calme

Dans l'immédiat, le ministre des Transports et responsable de la métropole, Robert Poëti, exhorte les Montréalais à faire preuve d'un peu de patience.

«C'est comme quand vous décidez de rénover dans votre maison et que vous y demeurez, dit-il. C'est assez dur pour les couples, parce que ça dérange votre quotidien. Ça dérange votre vie. Vous ne pouvez pas utiliser votre cuisine comme vous le feriez normalement, parce qu'il y a des plastiques partout, parce qu'il manque une partie de comptoir, parce que l'électricité est défaite, parce que la salle de bains est en réparation. Tout ça, c'est un passage obligé, nécessaire.»

Selon le maire Denis Coderre, le nouveau centre de gestion de la mobilité urbaine qui sera mis en place par la Ville devrait faciliter quelque peu la situation. Il lance aussi un appel au calme aux commerçants inquiets - notamment ceux de la rue Sainte-Catherine, qui sera rénovée de fond en comble. Pas question de faire un chantier «dégueulasse» ici, dit-il. «On ne veut pas revivre un autre Saint-Laurent, où on a ouvert trois fois.»




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