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André Gaumont, président de Mines Virginia

Trouver, redonner

Marc Tison
La Presse

Huit rencontres avec des gens d'affaires qui se dépassent et font autrement, souvent dans des sphères extérieures à leur champ d'activités principal. Simplement pour accomplir quelque chose de plus. Pour eux, pour d'autres, pour nous tous.

«Je suis un peu un mélange de prospecteur, géologue, aventurier et entrepreneur.»

André Gaumond est président de la société d'exploration minière Mines Virginia.

Les yeux de l'ingénieur géologue formé à l'Université Laval s'agrandissent quand il parle de son métier. On devine quelque chose du petit garçon qui rêvait de découvertes et de mystères.

«Lorsque j'étais jeune, j'étais un passionné de volcans, de dérive des continents, d'archéologie et de paléontologie. Ce qui m'attirait, c'était un peu chercher des trésors enfouis.»

Le siège social de Mines Virginia étant situé à Québec, notre rendez-vous montréalais a été donné au Musée Redpath, l'étonnant musée d'histoire naturelle de l'Université McGill, construit en 1882.

Tout autour, des vitrines d'échantillons minéralogiques, des dinosaures fossilisés, des momies égyptiennes...

André Gaumond s'inspire du décor: «On est un peu les Indiana Jones des temps modernes, à la recherche de trésors qui valent des milliards de dollars dans le Grand Nord. C'est extrêmement passionnant.»

Chez cet Indiana Gaumond, il y a aussi une part de Sherlock Gaumond.

«On a un petit peu le rôle de détective. Mère Nature a laissé des indices, on essaie de retrouver la source.»

Ces enquêtes, c'est l'histoire de Mines Virginia. Sur les six gisements découverts par l'entreprise, quatre l'ont été en suivant la piste des déplacements glaciaires, dont le plus important, le gisement Eléonore.

En 2002, un employé avait trouvé un bloc erratique - un rocher déplacé par les glaciers - qui a montré un remarquable potentiel aurifère. Il a fallu 18 mois pour remonter la piste jusqu'au gisement d'origine, à six kilomètres de distance. C'est au dernier jour de la campagne de 2003, juste avant l'hiver, qu'on a repéré un minuscule affleurement sur une presqu'île. Il a tenu ses promesses. «C'est vraiment le trésor qu'on cherchait depuis 13 ans», exprime André Gaumond.

«Du jour au lendemain, à un endroit il n'y avait rien, il y a 12 milliards de dollars en valeur d'or sous terre», s'étonne-t-il encore.

Mines Virginia ne fait toutefois pas d'extraction «Moi, je suis un explorateur dans l'âme, je ne suis pas un producteur» Le gisement Éléonore a été vendu aux enchères en 2006 pour 500 millions.

Le grand nettoyage

Aventurier, a-t-il dit? Il y a peut-être aussi un côté redresseur de tort, un peu Bob Morane, chez André Gaumond. «Vous savez, moi, j'ai été géologue parce que j'étais un grand passionné de géologie, mais aussi un grand passionné de la nature.» Il est à l'origine de la création en 2007 du Fonds Restor-Action Nunavik (FRAN), voué à la réhabilitation de sites d'exploration minière abandonnés dans le Grand Nord.

«Je n'ai pas tant de mérite, soutient-il. Il y avait eu un reportage à Radio-Canada dont le titre était: le Nord, le dépotoir minier du Québec. Un dimanche soir! Je n'en ai pas dormi de la nuit! Le lendemain, j'ai appelé le sous-ministre des mines et je lui ai demandé s'il avait vu le reportage.»

Gaumond l'a assuré qu'il était prêt à réunir des fonds auprès de l'industrie pour nettoyer ces sites, dans la mesure où le gouvernement y participait également.

«J'ai fait des appels, et à la fin de la semaine, j'avais recueilli un demi-million de dollars.»

À la fin de l'année, l'industrie avait versé deux millions, auquel le gouvernement du Québec avait ajouté sa part de quatre millions. Le FRAN réunit 30 sociétés  minières, le gouvernement du Québec et les communautés inuites, qui avaient déjà entrepris un important travail de repérage et de caractérisation des sites abandonnés.

Durant la première phase de nettoyage, maintenant terminée, les 18 sites prioritaires ont été réhabilités.

«On a sorti plus de 40 000 barils de pétrole, - la plupart étaient vides mais quand même ! -, des centaines de bouteilles de propane, des batteries, du matériel lourd, des bulldozers, des pelles mécaniques, qui avaient été laissés là durant les années 50 et 60», énumère André Gaumond.

Des colonnes de motoneiges amènent les rebuts jusqu'à un village côtier, d'où ils sont transportés par bateau jusqu'à Montréal pour récupération.

Le FRAN s'attaque maintenant aux sites intermédiaires. Un nouveau fonds est prévu pour les sites abandonnés sur le territoire de la Baie James.

«C'est une initiative dont je suis extrêmement fier», confie-t-il.

Mais le prospecteur en lui nourrit une fierté toute particulière pour la découverte du gisement Éléonor.

«C'est un rêve, depuis que je suis tout petit. On va créer des centaines d'emplois, on crée de la richesse pour tous les Québécois.»

Il a trouvé, il a rendu. En mars dernier, le département de géologie de l'Université Laval a inauguré son nouveau laboratoire de pétrographie, au financement duquel André Gaumond a contribué.

«Je voulais juste redonner un peu ce que j'ai reçu.»

««Le Fonds Restor-Action Nunavik est maintenant devenu la référence canadienne. On a été consultés par les Territoires du Nord-Ouest, par le Labrador, par la Colombie-Britannique, pour qu'ils créent des fonds identiques pour nettoyer des sites abandonnés depuis des décennies, un peu partout au travers du Canada.»»


Fonds Restor-Action Nunavik

- 18 sites majeurs nettoyés, soit :

- 4 conteneurs de déchets dangereux

- Plus de 30 pièces d'équipements lourds

- Plus de 40 000 barils de pétrole

- 200 bonbonnes de propane

- 14 grands réservoirs

- 23 100 litres de résidus d'hydrocarbures

- 2 000 litres d'huile à moteur

- 70 batteries




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