Plus de 150 salons, expositions et foires commerciales se déroulent chaque année au Québec, attirant à eux tous des millions de visiteurs. Cependant, malgré l'importance de cette industrie, ses représentants ne possèdent pas de statistiques précises sur les retombées économiques qu'elle engendre en raison de la disparité des événements et des nombreux paramètres dont il faudrait tenir compte pour les calculer.

Publié le 21 nov. 2013
CAROLINE RODGERS LA PRESSE

«Les salons de type commercial réservés à une industrie étant souvent associés à un congrès, leurs retombées se confondent avec celles de ces derniers, et les bureaux de tourisme de chaque région tiennent surtout des statistiques en fonction des nuitées d'hôtel. D'autre part, un salon peut regrouper des centaines d'entreprises privées qui exposent des produits ou des services, mais dont les ventes seront conclues seulement à moyen et à long terme. Comme on ne connaît pas leurs ventes respectives, il est impossible d'évaluer l'impact des salons sur ces entreprises, mais il est certain que c'est rentable, car les salons se multiplient», explique Robert Bellerose, président de l'Association des professionnels en exposition du Québec (APEQ).

Aux ventes réalisées pendant ou après les salons, il conviendrait d'ajouter les autres dépenses des visiteurs : frais de déplacement, prix d'entrée, nourriture, et dans certains cas, hébergement. Il suffit de savoir qu'un événement comme le Salon international de l'auto de Montréal a attiré 184 691 visiteurs en trois jours l'an dernier pour comprendre que les retombées des salons sont colossales. Le Salon du livre de Montréal, pour sa part, a attiré l'an dernier 124 500 visiteurs.

Le Salon des métiers d'art en a reçu 162 000, et ces visiteurs y ont dépensé en moyenne 203$. Les ventes d'objets réalisées pendant ce salon ont été évaluées à 16 millions, selon le plus récent rapport d'activité du Conseil des métiers d'art du Québec. Parmi les tendances remarquées au cours des dernières années, on observe une décentralisation. Aujourd'hui, davantage de salons qu'auparavant s'exportent de Montréal et de Québec vers d'autres villes.

« Aujourd'hui, toutes les grandes villes du Québec ont, par exemple, un salon consacré à l'habitation et à la rénovation, dit Robert Bellerose. Sherbrooke, entre autres, développe beaucoup ce marché grâce à son nouveau centre de foires. On a aussi de plus en plus de salons de plus petite taille un peu partout, dans des hôtels ou des centres commerciaux, comme le Salon des futurs mariés à Boucherville. Chacun de ces salons attire des exposants de sa région respective. Ça stimule l'économie locale et l'emploi.»