En cinq ans, GFI Solutions, de Montréal, est passée de la 46e place à la 5e dans le secteur des logiciels au Canada, sans véritablement sortir du marché québécois des logiciels comptables et de gestion d'entreprise. Ça va changer: en mode acquisition, GFI a mis au point des applications web qui lui ouvrent toutes grandes les portes du marché nord-américain.

Alain McKenna, collaboration spéciale LA PRESSE

En novembre dernier, GFI Solutions a procédé à l'acquisition de la société ActiveMedia, de Saint-Hyacinthe. Spécialisée dans les logiciels service, ActiveMedia a permis à GFI d'effectuer un important virage vers l'informatique en nuage, et d'offrir des applications dernier cri à ses quelque 55 000 clients, des petites ou très petites entreprises, pour la plupart.

«Notre objectif est d'amener les PME et les TPE à faire un bout de chemin vers les affaires électroniques. Ça ne veut pas dire qu'on fait du commerce en ligne: ça veut dire qu'on les aide à gérer leurs affaires de façon entièrement électronique, afin d'accélérer la communication avec les clients et les fournisseurs», explique Gilles Létourneau, président et chef de la direction de GFI Solutions.

En réduisant le temps consacré à la paperasse, une petite entreprise, où les employés portent souvent plus d'un chapeau, peut consacrer une plus grande partie de ses journées à des tâches plus vitales, comme l'acquisition de nouveaux clients.

Dans le créneau des applications d'affaires, les logiciels service, ou SaaS (pour Software as a service solution, comme on le voit souvent écrit en anglais), permettent de pousser un peu plus loin l'intégration des systèmes de différentes entreprises. Celles-ci peuvent s'échanger des données électroniques presque automatiquement, couper court à une importante quantité de paperasse, et régler les transactions plus rapidement.

«Dans la construction, ça peut signifier qu'il est possible de passer d'un chantier à l'autre sans avoir à passer au bureau; pour un notaire, ça permet d'avoir accès plus rapidement à des données municipales, et ainsi de suite», illustre M. Létourneau.

Si la théorie est limpide, la pratique, elle, est plus complexe, admet toutefois l'homme d'affaires montréalais. Pour fonctionner efficacement, ces systèmes doivent être utilisés par l'ensemble des entreprises d'un secteur donné. C'est d'ailleurs la façon dont GFI Solutions aborde le marché: elle vise des communautés d'entreprises.

«Les clients de nos clients sont aussi nos clients. Pour que les affaires électroniques décollent, il faut que tout le monde transfère ses processus vers des applications de ce genre.»

Objectif: Amérique du Nord

Un des atouts de l'informatique en nuage est son élasticité: un service peut être utilisé par 10 ou 1000 personnes que ça n'y change rien. C'est en misant sur un tel concept que GFI Solutions espère désormais conquérir l'ensemble du Canada.

Spécialisée notamment dans les services de gestion s'adressant aux municipalités, l'entreprise montréalaise constate que plusieurs de ses concurrents, ailleurs au pays, n'ont pas encore mis au point une technologie aussi sophistiquée que la sienne. «Développer de tels outils coûte cher. Plusieurs entreprises recourent encore aujourd'hui à de vieux logiciels et n'ont pas les moyens de développer de nouvelles solutions», dit M. Létourneau.

Déjà, son entreprise est en train de boucler les détails de deux acquisitions qui lui permettront de percer le marché ontarien et de l'ouest du pays. Les États-Unis sont également dans la ligne de mire. Avec l'émergence de la mobilité informatique, tout est possible, car l'infonuagique est liée de près à ce phénomène.

«C'est un facteur déterminant: on peut facturer à distance, faire des ventes à distance, tout faire à distance, mais ça prend des outils web en conséquence.» Ces outils, GFI Solutions les possède déjà. Il ne lui reste plus qu'à suivre le nuage vers d'autres cieux.