C’est le « moment pivot » pour Polystyvert, spécialisée dans le recyclage du polystyrène. Avec une nouvelle ronde de financement de 16 millions, la jeune pousse se rapproche de la construction d’une première usine commerciale tout en progressant dans sa diversification.

« On peut se concentrer sur deux éléments hyper importants de notre croissance », se réjouit la présidente et cheffe de la direction de l’entreprise montréalaise, Nathalie Morin.

L’étape franchie par Polystyvert est une nouvelle ronde de financement de 16 millions, annoncée ce lundi, réalisée auprès des fonds SWEN Blue Ocean et Earth Foundry. On prévoit un deuxième volet à l’opération, qui devrait permettre d’obtenir plus de 30 millions au total.

Polystyvert dit avoir mis au point un procédé permettant de recycler le polystyrène, le fameux plastique numéro 6, couramment utilisé dans divers emballages en raison de son faible coût. La méthode de l’entreprise fondée en 2011 permet de le transformer en granules, qui peuvent ensuite être utilisées de la même manière que du polystyrène vierge.

C’est la technologie qui sera déployée dans l’usine commerciale de l’entreprise, qui doit voir le jour à Montréal en 2026 – un projet estimé à 40 millions.

« La capacité devrait être de 9000 tonnes par année, dit Mme Morin. Notre technologie, à basse température et à basse pression, nous permet d’avoir un modèle à faible empreinte carbone. Nous n’avons pas besoin de transporter des déchets et des produits finis sur d’énormes distances. »

Actuellement, Polystyvert compte quelque 30 employés dans son usine de démonstration située dans l’arrondissement d’Anjou. Pas question de miser uniquement sur la construction de nouvelles usines si la méthode fait ses preuves. La jeune pousse voit également son usine commerciale comme une vitrine qui doit lui permettre de vendre des licences ou de conclure d’autres types de partenariats.

Parallèlement, l’argent récolté par Polystyvert doit lui permettre de peaufiner le développement de nouvelles méthodes de recyclage pour l’acrylonitrile butadiène styrène (ABS), un thermoplastique surtout utilisé dans les secteurs de l’automobile, de l’électronique et des jouets.

On ne repart pas de zéro avec la « recette » de recyclage, mais il faut l’adapter, souligne la dirigeante de Polystyvert.

« Nous en sommes avec la phase [de démonstration], dit-elle. La base de la technologie reste la même, mais on l’adapte avec un plastique spécifique. »

Ce sont surtout des investisseurs étrangers qui sont au rendez-vous pour financer la croissance de Polystyvert. Mme Morin s’attend toutefois à voir des organisations québécoises et canadiennes s’impliquer dans les prochains tours de financement.

Domfoam mousse sa présence en Ontario

PHOTO FOURNIE PAR DOMFOAM

Une des installations de Domfoam

Le spécialiste montréalais de la mousse polyuréthane, un produit que l’on retrouve dans les meubles, les matelas et les revêtements de sol, s’implante en Ontario, plus précisément dans la région du Grand Toronto, en mettant la main sur Foamco Industries. En plus d’accroître la capacité de production de l’entreprise québécoise, cette prise lui permettra d’offrir des « services de livraison le lendemain » chez le voisin du Québec. « Cette démarche stratégique nous permet d’élargir notre portée et de fournir un service supérieur à un marché plus large », affirme le chef de la direction de Domfoam, Jonathan Pomerantz. Le fabricant fondé en 1963 compte maintenant cinq usines de fabrication qui totalisent plus de 550 000 pieds carrés.

Une nouvelle corde à l’arc de Talsom

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Olivier Laquinte, PDG de Talsom

Gestion de projets, sélection de solutions technologiques, stratégie technologique… la firme québécoise de services-conseils Talsom est déjà diversifiée. Cela ne l’a pas empêchée d’ajouter une corde à son arc en achetant Technologia. Cette firme se spécialise dans les services aux entreprises, notamment dans tout ce qui gravite autour des formations du personnel. « Les changements démographiques, sociétaux, ainsi que la pression que les nouvelles technologies mettent sur les organisations font du développement des compétences un élément essentiel du succès des entreprises », souligne le PDG de Talsom, Olivier Laquinte. Les deux marques poursuivront leurs activités « sous leurs structures et marques actuelles ». Elles pourront cependant offrir une formule mieux intégrée à leurs clients.

La cadette achète son aînée

Le secteur de l’organisation d’évènements d’affaires comme des conférences, congrès, colloques et galas se consolide avec l’achat de la firme Mina Martini par l’agence EvenementCiel. Ici, c’est la cadette, fondée en 2016, qui met la main sur son aînée, qui a vu le jour il y a deux décennies. L’objectif : prendre encore plus de place dans le marché nord-américain : « En unissant nos forces, nous allons non seulement renforcer notre capacité à produire des évènements d’une qualité exceptionnelle, mais aussi repousser les limites de la créativité et de l’impact que nous pouvons offrir à nos clients », estime Sergina Guéry, présidente d’EvenemenCiel. Les deux agences vont conserver leur siège social respectif. Mina Martini adoptera le nom de son nouveau propriétaire.

Le chiffre

6

Nouvelles organisations québécoises, parmi lesquelles on compte des jeunes pousses, qui gonflent les rangs de Quantum Industry Canada, consortium national consacré à l’avancement du secteur des technologies quantiques au Canada.