Secur-o-Bain est une chaise mue à l’électricité, facile à installer, qui pivote au-dessus de la baignoire et qui descend doucement son occupant dans l’eau.

Publié le 11 avril
Marc Tison
Marc Tison La Presse

L’innovation

C’est l’occupant qui dirige la manœuvre avec une télécommande filaire. Pas de branchement au secteur : le système fonctionne avec la pile rechargeable de la commande.

Qui

Issu d’une famille d’entrepreneurs et spécialiste en usinage, Alain Desmarais, inspiré par les besoins de sa mère en perte d’autonomie, a consacré cinq ans à la conception d’une chaise électrique facile d’usage pour descendre dans sa baignoire une personne à mobilité réduite. Son entreprise émergente, Secur-o-Bain, en entreprend la commercialisation.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Alain Desmarais, président de Secur-o-Bain

Le gros avantage de cette chaise, c’est que l’installation se fait en deux heures et n’endommage aucunement la structure de la maison. C’est facile, ça ne demande pas de tout défaire la salle de bains : tu mets le poteau et tu prends ton bain.

Alain Desmarais, président de Secur-o-Bain

Le produit

Le siège est fixé à une potence qui coulisse verticalement sur un mât dressé tout à côté de la baignoire.

L’élévation de la potence s’effectue à l’aide une vis insérée dans la colonne et mue par un moteur électrique dissimulé dans sa base, sous tension de 12 volts.

En prenant appui sur la poignée fixée au mât, le baigneur ou la personne qui l’assiste fait pivoter la potence manuellement pour placer le siège au-dessus de la baignoire.

Des crans de sûreté stabilisent le siège au moment de s’y asseoir, ou au-dessus de la baignoire pour la descente.

L’énergie est fournie par des batteries rechargeables placées dans la commande – « submersible », précise Alain Desmarais. « On la recharge avec le chargeur qui vient avec. »

Pas de vis

D’autres appareils fonctionnent selon un principe analogue, reconnaît Alain Desmarais, mais la chaise Secur-o-Bain se distingue notamment par son esthétisme et une installation simple qui n’exige pas de visser la structure en permanence dans les carreaux du plancher ou dans le plafond, fait-il valoir.

Tant la base que la plaque d’appui au plafond sont munies d’une surface antidérapante. La colonne est maintenue en place par la pression qu’elle exerce au plancher et au plafond. La vis placée à son sommet permet d’ajuster la pression sur la plaque de plafond. Même si cette dernière ne prend appui que sur le plâtre, entre les solives de plafond, la structure peut supporter un poids allant jusqu’à 350 lb, soutient Alain Desmarais.

Siège à ailettes

Autre innovation, le siège de plastique est muni sur ses côtés de deux ailes articulées, qui se relèvent lorsqu’elles viennent s’appuyer contre les parois intérieures de la baignoire.

« Elles s’adaptent à la largeur du bain et ce sont des éléments de protection pour que les usagers ne mettent pas leurs mains en dessous de la chaise pendant la descente », explique l’entrepreneur.

Il a fait appel à la firme Tak Design pour raffiner le concept et faire les dessins techniques. Hormis la base contenant le moteur, coulée en aluminium, l’essentiel de la structure est en inox.

« C’est un produit très simple », dit-il avec humilité.

La seule chose compliquée, c’est la manette de contrôle. J’ai travaillé avec des ingénieurs pour développer la carte mémoire. Elle a une sécurité : si elle n’a pas assez de courant pour remonter, la chaise ne peut pas descendre. Il n’y a pas de danger de rester pris.

Alain Desmarais, président de Secur-o-Bain

Au prix d’environ 4400 $, cette solution est moins coûteuse qu’une baignoire à porte, fait valoir l’entrepreneur.

Premières pièces

Il a déjà reçu les moteurs de fabrication danoise et les télécommandes filaires de ses 100 premières unités, mais les pièces mécaniques, fabriquées en Asie, sont retenues dans un conteneur qui tarde à arriver.

Les premiers assemblages seront faits dans son garage. Il a déjà vendu et installé deux premiers appareils, dont les pièces étaient arrivées par avion. Quatre autres clients attendent leur tour.

L’avenir

Alain Desmarais s’apprête à faire paraître de la publicité pour faire connaître son produit avant d’intéresser les magasins spécialisés, au Québec d’abord, en Ontario ensuite. « J’espère en vendre 50 d’ici juillet, et en août, je passerai une autre commande de 250. »

Il prévoit alors louer un local de 2500 pi2.

La moitié de sa production sera alors destinée à la distribution en magasin. « Si tout se passe comme prévu, par la suite, ce seront des commandes de 500. »

Jetez un coup d’œil au produit

En savoir plus

  • 250 000 $
    Investissement consenti jusqu’à présent par Alain Desmarais, notamment pour l’outillage et les moules d’injection. Il prévoit que 100 000 $ seront encore nécessaires.