Publié le 4 avril
Nathaëlle Morissette
Nathaëlle Morissette La Presse

L’innovation

Inciter les consommateurs à délaisser l’huile de sésame au profit de l’huile de caméline torréfiée, un produit 100 % québécois. C’est le pari qu’a fait il y a six mois l’entreprise familiale Signé Caméline en lançant, dans l’ensemble des supermarchés du Québec, une huile torréfiée, riche en oméga-3, qui, avec son goût d’arachides grillées, peut remplacer sa rivale importée d’Asie, utilisée dans les salades, les mets asiatiques et autres bols poke.

« En torréfiant les grains, on développe plein de saveurs intéressantes. On change totalement l’éventail d’arômes », explique Chantal Van Winden, présidente-directrice générale de Signé Caméline. « On apporte une solution de rechange locale à l’huile de sésame. On a vraiment des arômes d’arachides rôties, de sésame grillé. C’est la seule et unique au monde, affirme-t-elle fièrement. Je ne connais pas d’autres entreprises qui ont fait ça. »

Qui

Située à Saint-Édouard, en Montérégie, l’entreprise Signé Caméline est déjà connue pour plusieurs de ses produits, notamment l’huile de caméline vierge – qui peut remplacer l’huile d’olive –, offerte sur les tablettes de plus de 800 points de vente au Québec. L’idée de développer une huile extraite de la graine issue d’une fleur qui pousse au Québec – la caméline – a pris officiellement forme en 2014.

« Nous avons commencé tout bonnement dans le garage, comme Apple », raconte en riant Mme Van Widen, qui participe à l’aventure avec son conjoint, ses neveux et sa nièce par alliance. L’entrepreneure s’est toujours demandé pourquoi personne ne s’était intéressé à cette fleur dont l’huile contient 35 % d’oméga-3 et des antioxydants. « C’est une huile qui est issue de notre terroir. »

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Quelques produits de Signé Caméline

Deux ans après la fondation de l’entreprise, l’équipe a investi dans une usine de transformation et d’emballage. Aujourd’hui, Signé Caméline, qui offre plus d’une dizaine de produits, vend un peu partout au Québec et exporte aux États-Unis, en Europe et en Asie. « Et on est en train de préparer une commande pour Taiwan, c’est un nouveau client », lance Chantal Van Widen.

Pour répondre à la demande, l’entreprise travaille avec une vingtaine de producteurs de caméline qui se trouvent essentiellement au Témiscamingue, en Montérégie et dans le Centre-du-Québec. Plusieurs cuisines de restaurants, comme La Cage – Brasserie sportive, Les Enfants terribles et le Montréal Plaza, utilisent les produits de Signé Caméline.

L’avenir

Déjà bien établie, l’entreprise a l’intention de continuer de croître. En plus de vouloir agrandir l’usine où travaillent actuellement 10 personnes, Mme Van Widen souhaite également élargir la gamme de produits. Puis, d’ici quelques mois, la boulangerie Première Moisson produira un pain préparé avec des graines de caméline.

On souhaite aussi valoriser la farine produite une fois que l’huile a été extraite du grain torréfié. « On veut vraiment aller en économie circulaire, la valoriser, soit en boulangerie, soit en fermentation. »

« Des oliviers, on n’en aura jamais au Québec, rappelle Mme Van Widen à la fin de l’entrevue. Mais ce qu’on a ici, c’est de la caméline. »