Pour aider les grands émetteurs de gaz à effet de serre à réduire leur empreinte environnementale, on peut leur proposer des solutions toutes faites. On peut aussi s’installer chez eux pour en trouver sur mesure, comme le Groupe Onym a décidé de le faire.

Publié le 3 janvier
Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

L’idée

Mustapha Ouyed, ingénieur, et Yvon Nadeau, entrepreneur, s’intéressaient tous deux aux énergies renouvelables. Ils connaissaient les défis concrets que pose la transition énergétique dans les usines. Ils se sont rencontrés « grâce au hasard de la vie », rappelle Mustapha Ouyed, et ont décidé de travailler ensemble à trouver des solutions adaptées et abordables pour les grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES).

Le produit

Le Groupe Onym récupère les résidus de bois urbain, palettes et écorces dont personne ne veut. Il les transforme en biohuile, en biocharbon ou en vinaigre de bois, qui peuvent soit être utilisés dans les processus industriels, soit vendus pour servir de fertilisants.

« La recette qu’on a trouvée, c’est de commencer par la fin, explique le cofondateur de l’entreprise. On est allés voir les grands émetteurs pour savoir de quoi ils ont besoin. On a ensuite fait l’inventaire de ce qui est disponible à des prix abordables. »

Les résidus de bois, notamment les produits d’émondage des arbres urbains, ont été retenus pour leur disponibilité et leur coût très bas. La recette pour les réutiliser est plus facile à trouver quand on connaît les débouchés avant. C’est le pari que fait Onym.

La transformation passe par la thermolyse, un procédé chimique connu. « Mais on a développé notre propre façon de faire, qui est en instance de brevet », précise Mustapha Ouyed.

Le Groupe Onym s’est installé directement chez un client, dans une usine pétrochimique de l’est de Montréal, pour mettre son idée à l’épreuve. Il y transforme des résidus qui seraient autrement enfouis en produits qui peuvent tout de suite être utilisés à l’usine pour remplacer le mazout, ou en d’autres produits qui sont vendus sur le marché. Le vinaigre de bois, notamment, est un produit de plus en plus demandé en agriculture, dans l’alimentation animale et dans l’industrie pharmaceutique.

L’avantage d’être installé chez le client, c’est qu’on peut réduire les coûts et récupérer de l’énergie résiduelle, souligne l’ingénieur.

Le modèle d’affaires du Groupe Onym rappelle celui d’Enerkem, qui veut transformer des résidus divers en méthanol et autres biocarburants. C’est vrai, reconnaît son cofondateur, mais compte tenu des défis de la transition énergétique, il y a de la place pour tout le monde. « Il faut partir le bal, estime-t-il. Il faut plusieurs Onym et plusieurs Enerkem. On est là pour travailler tous ensemble. »

L’avenir

Pour faire avancer son projet, le Groupe Onym a reçu de l’aide financière de Fondaction (975 000 $) et du gouvernement du Québec (1,7 million). L’entreprise a déjà des ententes d’approvisionnement en matières premières et des clients pour ses produits, donc des revenus en vue. « L’usine vitrine servira à tester différentes sortes de biomasse », précise Mustapha Ouyed. De cinq actuellement, le nombre d’employés devrait augmenter pour refléter l’avancement des activités.

Si tout se passe comme prévu, Onym pourra construire des installations de plus grande envergure, directement chez ses clients potentiels – qui sont les aciéries, cimenteries et raffineries – ou à proximité de ceux-ci.