Il y a toutes sortes de façons de réduire l’empreinte environnementale du secteur des transports. Philippe Beauchamp et Rami Jarjour, des amis de longue date, ont choisi un angle délaissé, celui des chariots élévateurs, qui sont déjà majoritairement électrifiés.

Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

L’idée

« On voulait donner de la valeur à la technologie brevetée sur laquelle on avait travaillé à l’Université de Sherbrooke, raconte Philippe Beauchamp lors d’un entretien avec La Presse. On a identifié les chariots élévateurs. On a bien fait parce que pour deux individus avec seulement un papier, la route est longue avant de vendre un produit à quelqu’un comme Nova Bus, disons. »

IngeniArts Technologies, l’entreprise fondée en 2015 par les deux ingénieurs en électricité, a mis sur le marché une solution pour faciliter la vie des entreprises qui utilisent des chariots élévateurs. Il y a 10 millions de chariots élévateurs en usage en Amérique du Nord, et la majorité d’entre eux utilisent des batteries acide-plomb.

Le produit

C’est un ami qui travaille dans une entreprise de transport qui a mis les deux entrepreneurs sur la piste de ce qui allait devenir UgoWork. Tout électrifiés qu’ils soient, les chariots élévateurs exigent une gestion complexe et chronophage de la recharge de leurs batteries. L’idée derrière UgoWork, c’est de simplifier cette opération en prenant en charge les batteries et la recharge, et d’offrir le tout à ses clients comme un service tarifé mensuellement.

PHOTO ERICK LABBÉ, LE SOLEIL

Philippe Beauchamp et Rami Jarjour

Les batteries au lithium-ion qui remplacent les batteries acide-plomb coûtent plus cher, mais à l’usage, les clients y trouvent leur compte, explique l’ingénieur. « Le coût total d’utilisation est plus bas pour le client », précise Philippe Beauchamp. L’opérateur du chariot peut rebrancher lui-même son véhicule lors de ses pauses et à la fin de la journée. L’entreprise est facturée en fonction de l’énergie consommée.

UgoWork assemble les batteries dans ses installations de Québec, où 50 personnes travaillent.

L’avenir

Beaucoup de possibilités s’offrent à la petite entreprise pour la suite des choses. UgoWork compte parmi ses clients de grands noms comme Toyota, Sleeman ou Bridgestone, qui peuvent leur ouvrir beaucoup de portes. Les deux cofondateurs sont aussi allés chercher des appuis de taille. Louis Têtu, de Coveo Solutions, et Pierre Marcouiller, qui dirigeait Camso avant son acquisition par Michelin, sont devenus actionnaires d’IngeniArts. Investissement Québec a aussi investi dans la PME.

« On a des défis manufacturiers et des défis technologiques, explique Philippe Beauchamp, et on a les personnes qu’il nous faut pour nous conseiller. »

La priorité des deux entrepreneurs est actuellement d’élargir leur marché. « On investit dans la recherche-développement pour rester un leader technologique. On est extrêmement focus. »