Les PME ont accumulé une dette moyenne de près de 170 000 $ en raison de la COVID-19, et ce chiffre grimpe à 333 174 $ dans le secteur de l’hébergement et de la restauration, selon un nouveau rapport publié par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), que La Presse a obtenu. Avec la menace d’une quatrième vague, les gouvernements doivent être stratégiques pour éviter d’autres confinements et fermetures, croit la FCEI.

Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

Sept entreprises canadiennes sur dix ont des dettes attribuables à la COVID-19, et elles n’ont pas diminué depuis le début de l’année. Les secteurs d’activité les plus touchés sont ceux de l’hébergement, de la restauration, des arts et des loisirs. Les entreprises qui ont pu rester ouvertes grâce au télétravail ou qui ont fait l’objet de peu de restrictions ont été moins nombreuses à s’endetter, mais la moitié d’entre elles indiquent toujours avoir des dettes à rembourser en raison de la COVID‐19.

« Les PME représentent la colonne vertébrale de l’économie canadienne, affirme au téléphone François Vincent, vice-président à la FCEI. Elles sont extrêmement fragilisées et endolories. On ne peut pas courir très loin en ayant deux vertèbres de déplacées. Pour avoir une reprise économique forte, il faut s’assurer de la reprise de nos PME. »

La pandémie aura entraîné un endettement total des PME canadiennes plus élevé que ce que l’on croyait en février 2021. Il s’élève à 4 milliards de plus, pour atteindre 139 milliards de dollars.

Parmi les secteurs les moins touchés, la dette moyenne par entreprise du secteur des services sociaux se situe à 87 690 $, tandis que dans le haut de l’échelle, les entreprises du secteur de l’hébergement et de la restauration se sont endettées presque deux fois plus, avec une moyenne de 333 174 $.

C’est en Alberta que l’endettement moyen des entreprises est le plus élevé, avec 335 279 $, alors que les provinces de l’Atlantique enregistrent la moyenne la plus faible, avec 74 708 $. Le Québec se situe au centre, à 96 481 $.

Au moins un an pour rembourser les dettes

Le sondage de la FCEI indique que 76 % des propriétaires de PME qui ont contracté des dettes prévoient qu’il leur faudra plus d’un an pour les rembourser. Dans le secteur de l’hébergement et de la restauration, ce chiffre passe à 87 %, et la majorité croit qu’il leur faudra plus de deux ans.

Les données de la FCEI révèlent aussi que 78 % des PME utilisent au moins un programme fédéral ou provincial ou une autre source d’argent, dont certaines sont inquiétantes pour la santé financière des entreprises.

La moitié des chefs d’entreprise considèrent d’ailleurs que le remboursement de leurs dettes fera partie des principaux obstacles à leur reprise.

« Une des solutions pour les aider serait de reporter le remboursement du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC) au 31 décembre 2024 et augmenter la partie convertible en subvention, comme le réclament 67 % des propriétaires de PME », souligne François Vincent.

La FCEI encourage les propriétaires de PME à profiter de la campagne électorale actuelle pour signer une pétition qui réclame aux chefs des partis d’ajouter de nouvelles mesures de relance économique dans leurs plateformes électorales.

Pour son rapport, la FCEI a effectué quatre sondages en août, en juin, en mai et en février 2021 auprès de ses membres (de 2800 à 5800 par sondage), en plus de consulter les comptes de PME de Statistique Canada de décembre 2020.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante compte 95 000 membres dans tous les secteurs d’activité et toutes les régions.

32 %

Près du tiers des propriétaires d’entreprise se servent de leur carte de crédit ou puisent dans leur épargne personnelle