Même petites et démunies, les PME ont avantage à offrir davantage d’avantages à leurs employés, question de les soutenir, de les retenir à leur emploi, voire d’attirer de nouveaux candidats.

Marc Tison
Marc Tison La Presse

Pour les y aider, le cabinet de conseil en ressources humaines PVRH a lancé le 19 août son programme EBP Certifié, « une mutuelle de bénéfices sociaux, un centre d’assistance, qu’on met à la disposition des employés », décrit la vice-présidente et associée Dorice Levesque.

Pour moins de 20 $ par mois et par personne, les PME peuvent inscrire leurs employés à cette plateforme qui leur offre un bouquet de services : télémédecine (physique et mentale), assistance vétérinaire et conciergerie animale pour chiens et chats, assistance juridique (droit et notariat, sauf droit du travail), assistance financière (comptabilité et fiscalité), assistance en cas de vol d’identité et programme de mieux-être.

Les services de télémédecine sont donnés par EQ Care, filiale de Telus. Les questions fiscales et juridiques sont prises en charge par FBA Solutions.

Le programme EBP procure également des rabais et privilèges chez Nautilus Plus et Marché Goodfood.

« Ce qu’on a voulu faire, c’est mettre sur pied un programme de santé et mieux-être pour que les employés puissent améliorer leur santé globale », indique Dorice Levesque.

La pandémie a encore accentué le stress et l’anxiété des employés, qui ont besoin de soutien au moment opportun, souligne-t-elle.

« Le coût relié à la santé des employés représente une moyenne de 23 % de la masse salariale d’une entreprise. On parle de l’ensemble des frais qui sont reliés à l’absentéisme, au taux de roulement, à la perte de productivité, aux coûts des programmes d’assurance collective qui ont explosé avec la COVID-19. »

Face à cet enjeu, le programme EBP veut prévenir plutôt que réparer, fait-elle valoir.

Il « vise à prendre un problème d’un employé en amont afin d’éviter ou de désamorcer une situation personnelle ou médicale qui va dégénérer, qui va finir en absence, à l’urgence ou en maladie longue durée ».

De surcroît, à l’heure de la pénurie de main-d’œuvre et de la mobilité des générations alphabétiques, c’est avec le miel du bien-être qu’on attire et retient les plus fines mouches.

« On ne se le cachera pas, les générations XYZ que les entreprises tentent tant d’attirer, de mobiliser et de retenir ne sont pas intéressées par les programmes d’assurances traditionnels », insiste la vice-présidente.

Le Club PVRH

Fondé en 2008, le cabinet PVRH compte 3 associés et 12 employés, répartis dans ses bureaux – vides, dit en rigolant Dorice Levesque – de Montréal, Laval, Châteauguay, Mont-Saint-Hilaire, Brossard et Québec.

La firme avait créé en septembre 2020 son Club PVRH, un centre d’assistance qui donne aux PME membres un accès à divers services, contre un abonnement annuel de 595 $.

La majorité des quelque 500 PME clientes de l’entreprise sont membres du Club, que Mme Levesque apparente à un « CAA des ressources humaines ».

Pour les entreprises membres du Club PVRH, le programme EBP coûte 15,95 $ par mois par employé (19,95 $ pour les entreprises non membres), soit 191 $ par année.

« Ça représente 0,4 % de la masse salariale, si on prend le salaire moyen de 47 000 $, pour prendre soin de la santé globale de tes employés », fait valoir la vice-présidente.

L’accès aux services est illimité et sans franchise, « contrairement aux programmes d’assurances », souligne-t-elle. Le conjoint et les enfants de 21 ans et moins qui vivent sous le même toit sont également inclus dans le programme EBP sans frais supplémentaires.

PVRH veut réunir 20 000 personnes dans sa mutuelle, une cible proche des 22 000 employés regroupés pour l’instant dans son Club PVRH.

À plus long terme, ses objectifs ne manquent pas d’ambition : en élargissant son offre à l’ensemble du Canada, la firme espère atteindre 500 000 personnes.

Pousser les filles vers le jeu ?

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Créé par Felix & Paul Studios et Studio Phi et présenté à Montréal, L’infini est une expérience immersive qui fait vivre pendant une heure le quotidien des astronautes à bord de la Station spatiale internationale.

Encourager les filles à s’orienter vers la conception de jeux vidéo et la haute technologie, s’entend. C’est le louable objectif du studio montréalais Square Enix Montréal, à l’origine des jeux Hitman Sniper et de la série GO. Square Enix Montréal sera le premier partenaire éducatif de L’infini, « la plus grande expérience multisensorielle et collective en réalité virtuelle au monde », si on en croit ses promoteurs. Créé par Felix & Paul Studios et Studio Phi et présenté à Montréal, L’infini est une expérience immersive qui fait vivre pendant une heure le quotidien des astronautes à bord de la Station spatiale internationale. Square Enix Montréal permettra à 30 jeunes femmes choisies par le Mouvement montréalais Les Filles & le code de vivre gratuitement l’expérience. Certaines d’entre elles pourront rencontrer Coline Delbaere, productrice de l’expérience interactive, et échanger avec elle sur le parcours des femmes en technologie. En mars dernier, Square Enix Montréal avait déjà annoncé son soutien financier aux Scientifines et à Technovation Montréal, qui œuvrent à renforcer l’intérêt des filles de 8 à 18 ans pour les sciences et la technologie.

Gagnon Frères fait son lit à Québec

PHOTO FOURNIE PAR GAGNON FRÈRES

Gagnon Frères s’installe à Québec, sur le boulevard Pierre-Bertrand.

La chaîne de magasins de meubles Gagnon Frères traverse le parc des Laurentides en direction sud pour mettre le pied sur le territoire d’origine du puissant Ameublements Tanguay. L’entreprise saguenéenne s’installe désormais à Québec, sur le boulevard Pierre-Bertrand, dans un local déserté par un autre concurrent, Structube. La chaîne pousse l’audace jusqu’à s’incruster à 5,5 km du magasin amiral de son concurrent, dont l’architecture frappe – ou agresse, selon les goûts – tous ceux qui empruntent l’autoroute 40. Gagnon Frères, qui a vu le jour à Chicoutimi en 1904, avait déjà élargi son territoire avec des magasins à Jonquière, Dolbeau-Mistassini, La Malbaie, Baie-Comeau, Sept-Îles et Forestville. Sa huitième succursale, à Québec, célébrera son ouverture le 31 août (on ne sait pas si on servira des canapés). Elle a nécessité des investissements de 450 000 $. Une dizaine d’emplois y seront créés. Pour sa part, Ameublements Tanguay était déjà installée dans le fief saguenéen de Gagnon Frères depuis plus de 25 ans.

Bacon dur et gratte-la-cenne

C’est l’inverse d’un gratteux qui veut du bacon… Hardbacon, créateur de l’application de finances personnelles du même nom, a acquis le site d’aubaines Grattecenne.com, pour le relancer et le réorienter vers les milles et points de récompense, et les programmes de fidélisation. Lancé en janvier 2007, Grattecenne.com s’était d’abord spécialisé dans les rabais, coupons et autres astuces pour économiser sur les achats courants. Il avait atteint 75 000 visiteurs par mois à son apogée, avant de décliner. Hardbacon a acheté le site et la marque de son fondateur Fred Fortin, qui s’est dit ravi de cette continuité. Pour Hardbacon, cette première transaction marque le début d’une stratégie de croissance par fusion et acquisition. L’entreprise montréalaise, cofondée en 2017 par son PDG actuel Julien Brault, entend acheter d’autres médias en ligne et blogues spécialisés dans le domaine des finances personnelles. Elle avait recueilli 1,14 million de dollars en financement participatif au début de l’année.

Le chiffre

3 sur 10

L’achat local a été un facteur de survie pendant la pandémie pour 3 PME sur 10 au Québec, selon un nouveau sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. Pour 39 % des PME québécoises, l’achat local a engendré une augmentation des ventes de 11 % ou plus.