Marc Tison Marc Tison
La Presse

L’innovation

Au contraire des baignoires avec une portière ouvrant vers l’extérieur ou l’intérieur, la baignoire Assisto comporte une paroi frontale qui s’abaisse sur toute sa largeur. Elle dégage ainsi le fond de la baignoire, surélevée de 19 po par rapport au sol. L’utilisateur peut s’y asseoir comme sur une banquette, avant d’y glisser les jambes et de remonter la paroi coulissante.

Qui

La société Assisto a été fondée en 2019 pour fabriquer et commercialiser la baignoire à accès facile que le fabricant d’appareils de salle de bains Produits Neptune avait mise au point avec l’aide du CNRC et du CRIQ. Président des deux entreprises, Jean Rochette réfléchissait au problème depuis 2014.

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Jean Rochette, président d’Assisto et de Produits Neptune, lance une nouvelle baignoire à paroi escamotable pour faciliter le bain des personnes âgées ou à mobilité réduite, en toute sécurité.

Disons que j’ai mangé pas mal d’heures de sommeil. Je me disais : ce marché n’est pas bien desservi. Je regardais le problème du bain de multiples façons. Comment pourrait-on le sécuriser, donc avoir quelque chose de surélevé, que les gens n’ont pas besoin d’enjamber, qui se remplit et se vide rapidement pour que les gens n’aient pas froid ?

Jean Rochette, président d’Assisto

Accès sans seuil

La baignoire Assisto est le fruit de cinq ans de recherche et de plus de 2 millions de dollars d’investissement.

Plutôt que d’enjamber le seuil d’une baignoire à portière puis de s’y accroupir, le baigneur s’assoit sur le fond de la baignoire Assisto, à hauteur d’une chaise.

Il lui suffit ensuite de pivoter et d’entrer les jambes, puis de remonter la paroi escamotable.

Manœuvre inverse à la sortie : plutôt que de se mettre debout dans une baignoire au fond mouillé et savonneux, au risque de chuter, le baigneur se retourne simplement en position assise, les jambes à l’extérieur et les pieds sur une surface sèche.

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Le tableau de contrôle comporte de gros boutons bien visibles et les robinets sont munis de leviers faciles à manipuler. « On s’est fait aider par des ergothérapeutes pour développer ça », dit Jean Rochette.

L’appareil est muni d’un dossier chauffant, de jets pour la relaxation et de lumières de chromothérapie. Son tableau de contrôle comporte de gros boutons bien visibles et les robinets sont munis de leviers faciles à manipuler. « On s’est fait aider par des ergothérapeutes pour développer ça. »

Vidange rapide

« Quand la personne a fini son bain, décrit Jean Rochette, elle pèse sur un bouton et en 15 secondes, l’eau disparaît. »

Par quelle magie ?

« L’eau s’en va dans une cuve en dessous du bain », au travers d’un dispositif à haut débit.

Cette cuve se vide ensuite à débit normal dans la tuyauterie standard.

Le baigneur n’a donc pas à subir, frissonnant, la longue attente d’une vidange traditionnelle.

La facilité d’accès réduit les interventions des aidants naturels ou des préposés, ce qui préserve la dignité de la personne, fait encore valoir Jean Rochette.

De la taille d’une baignoire traditionnelle de 30 po sur 60 po, elle peut s’installer en une journée dans les alcôves courantes des maisons plus âgées.

Le prix

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Quand la paroi est relevée, la baignoire se remplit en trois minutes.

« Ce bain va coûter entre 14 500 $ et 19 500 $, selon les crédits d’impôt qui vont s’appliquer à la personne, informe Jean Rochette. C’est un produit qui est quand même assez coûteux. »

Il estime que ses bénéfices pour le maintien à domicile justifieraient une aide gouvernementale à l’achat.

« Il y a deux marchés. Le marché du maintien à domicile, et ensuite celui des maisons d’hébergement, les ressources intermédiaires et les CHSLD », indique-t-il.

M. Rochette estime qu’avec une seule baignoire Assisto pour un étage de 24 chambres, les 24 résidants pourraient chacun prendre un bain par jour, à raison d’un bain à la demi-heure – vidange et nettoyage compris.

L’avenir

La baignoire Assisto est fabriquée en sous-traitance dans l’usine de Produits Neptune, à Saint-Hyacinthe. Jean Rochette assure que 82 % de ses fournisseurs sont québécois.

Lancée officiellement à la mi-mars, elle avait été testée pendant un an et demi en Arizona, où « on en a vendu pour 1,5 million », dit-il.

« Dans un premier temps, on s’attaque au marché de l’Amérique du Nord. On a 35 agents qui nous représentent et on compte doubler ça au cours de la prochaine année. »

Il tâte déjà le marché européen. « La présidente de l’association de gérontologie en Allemagne – où il y a 15 millions d’aînés – a été impressionnée par le produit et elle souhaite l’avoir », dit M. Rochette.

La baignoire sera d’abord exportée, mais Jean Rochette prévoit aussi la fabriquer sur le continent.

« Ce dont je suis le plus content – les ventes, on verra –, c’est que je crois que ça répond véritablement à un besoin. »