À l’origine de la création d’Autonom, entreprise fondée par Hugues Marceau, il y a une panne d’électricité et un devoir à remettre. « J’ai branché mon ordinateur sur une batterie de voiture et j’ai pu envoyer mon travail », explique-t-il. « J’étais un patenteux », dit celui qui a aussi fondé un club de course pour véhicules électriques de fabrication artisanale.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

L’idée

Rien de mieux qu’une panne pour réaliser l’importance de quelque chose qu’on tient pour acquis. Une panne survient et le monde peut s’arrêter de fonctionner, avec des conséquences graves. Notre dépendance plus grande que jamais à l’électricité, au téléphone et à l’internet est la motivation derrière Autonom inc., fondée par Hugues Marceau avec un collègue de Polytechnique.

Les exploitants de réseaux de télécommunications ont des solutions de rechange, généralement sous forme de batteries, pour se prémunir contre les pannes. C’est à eux que s’adresse l’offre d’Autonom.

« On vend de la fiabilité », résume Hugues Marceau.

Le produit

Autonom a commencé par fabriquer des solutions d’alimentation pour assurer la fiabilité des exploitants de réseau internet. Une mission exploratoire pour jeunes entrepreneurs organisée en Inde a permis à Autonom de recruter son premier client. Le deuxième fournisseur internet en importance du pays est encore aujourd’hui le principal et le seul client de la petite entreprise.

« Chaque trimestre, on a de plus en plus de commandes de ce client », dit son fondateur.

Autonom conçoit le bloc d’alimentation, qui est fabriqué en Inde par deux fournisseurs différents. Les revenus générés par cette percée ont permis à l’entreprise de raffiner son produit et d’en élargir le marché.

Avec un nouvel associé, Hugues Marceau veut maintenant mettre de l’intelligence dans les batteries utilisées par les Bell, Vodafone et les autres exploitants de réseaux de ce monde.

Les batteries vieillissent et ont besoin d’être remplacées et testées. Avec la croissance de la consommation d’internet et la 5G, il y aura de plus en plus d’équipements installés qu’il faudra surveiller. Tout ça coûte cher.

Hugues Marceau

Les exploitants de réseaux, pour qui la réduction des coûts est une obsession, font face à une augmentation de leurs investissements dans le maintien de ces milliers d’antennes. La technologie d’Autonom permet de surveiller ces équipements à distance et de savoir avec précision où diriger l’intervention des techniciens pour la maintenance ou la réparation du réseau. Elle permet aussi de prévenir les pannes avant qu’elles surviennent.

Cette nouvelle avenue de croissance est excitante pour Autonom, qui est passée récemment de deux à six employés. « Je réalise qu’une équipe est plus que la somme de ses parties », dit Hugues Marceau.

L’avenir

Autonom a pu faire avancer ses projets grâce à la mère et à la copine du fondateur, qui l’ont soutenu financièrement et moralement. Depuis un an, l’entreprise peut payer des salaires, grâce à ses revenus et à l’aide gouvernementale. Aucun investisseur en capital de risque ne s’est intéressé à l’entreprise jusqu’à maintenant.

Il y aura bientôt des décisions à prendre, reconnaît Hugues Marceau. Est-ce qu’on continuera de fabriquer nos produits ou on se spécialisera dans le logiciel ?, s’interroge-t-il.

Le fait de concevoir et de fabriquer est un avantage, selon lui. « Les cycles d’amélioration du produit sont beaucoup plus courts quand on contrôle l’écosystème au complet. »

Pour Autonom, l’avenir passe peut-être par une association avec les équipementiers des exploitants de réseaux de télécoms. « On connaît les gros, comme Cisco, Nokia ou Eriksson, mais il y en a beaucoup d’autres, plus petits, qui sont des partenaires potentiels », précise Hugues Marceau.