(Montréal) Tourner une poignée de porte sans s’inquiéter de la COVID-19. Prendre le métro en ne pensant plus aux microbes qui pullulent sur les barres d’appuis. Visiter un l’hôpital sans craindre d’en ressortir malade. Ça se peut.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Une technologie mise au point par une petite entreprise du Saguenay, permet d’éliminer complètement et pour des années tous les virus qui peuvent se trouver sur les surfaces à contacts fréquents.

A3 Surfaces a conçu un procédé qui incorpore et scelle un agent antimicrobien dans l’aluminium. « On était d’actualité avant la COVID-19, on l’est encore plus aujourd’hui », constate Guy Leblanc, vice-président et conseiller médical de la PME.

Issue d’un travail scolaire réalisé par deux étudiants, Maxime Dumont et Jocelyn Lambert, la technologie visait les bactéries qui pullulent souvent dans les hôpitaux, comme le C. difficile. C’était en 2009.

PHOTO FOURNIE PAR A3 SURFACE

La technologie permet d’éliminer complètement les microbes et les virus des poignées de portes et autres objets manipulés fréquemment.

En ces temps de pandémie, « la demande est devenue folle » pour la technologie de A3 Surfaces, dit Guy Leblanc. Paradoxalement, l’expérience menée dans une chambre de l’hôpital de Chicoutimi revêtue de surfaces traitées par le procédé de A3 Surfaces est retardée… à cause de la pandémie.

Guy Leblanc est médecin-chirurgien. Il a tout de suite vu le potentiel de cette technologie pour des usages médicaux. Les avantages d’utiliser du matériel médical fait d’un matériau antimicrobien sont évidents. Comme ceux de revêtir les surfaces que les employés, malades et visiteurs touchent le plus souvent.

Le marché potentiel de l’entreprise est toutefois infiniment plus vaste. Il va des poignées de chariots d’épicerie, aux barres d’appui des autobus et des métros, jusqu’aux mains courantes d’escaliers et aux produits d’emballage. Les conduits de ventilation des immeubles, où prolifèrent des bactéries qui peuvent causer la légionellose, sont aussi dans la ligne de mire de la PME de sept employés.

De Dubai à l’Europe, en passant par la STM, les intéressés se multiplient.

Projet d’usine

Le procédé mis au point par A3 Surfaces est en instance de brevet. Il est à la fois simple et complexe, explique le docteur Leblanc. Le matériau de base, l’aluminium, est d’abord anodisé. Ce procédé, qui permet de lisser le métal, crée des nanopores à la surface. Ces nanopores sont remplis d’un agent antimicrobien et ensuite scellés.

Les tests réalisés par le Conseil national de recherches du Canada et d’autres laboratoires accrédités indiquent que les surfaces ainsi traitées permettent d’éliminer complètement (99,99 %) les risques de contamination de maladies bactériennes et virales.

Le traitement peut durer des années, selon Guy Leblanc, et les surfaces peuvent être retraitées pour prolonger son effet.

PHOTO FOURNIE PAR A3 SURFACE

« On était d’actualité avant la COVID-19, on l’est encore plus aujourd’hui », constate Guy Leblanc, vice-président et conseiller de A3 Surfaces

A3 Surfaces a un projet d’usine au Saguenay, où elle pourrait fabriquer ses propres produits et traiter ceux que lui enverront ses clients. La petite entreprise, qui a profité de beaucoup d’appuis depuis ses débuts, dont ceux de Desjardins et de Rio Tinto, est consciente qu’il lui faudra conclure des alliances pour atteindre les ligues majeures.

Avec le bon partenaire stratégique, A3 Surfaces pense pouvoir garder le contrôle sur une technologie québécoise qui utilise de l’aluminium produit au Québec.

« C’est une technologie que les gens veulent, dit Guy Leblanc. Je ne vois pas comment ça pourrait ne pas fonctionner. »

Pour en savoir plus, visitez le site d’A3 Surfaces