L’innovation : Exploiter dans le domaine du tourisme le fort lien entre l’odorat et les émotions, en créant ou recréant des odeurs associées à des lieux ou à des événements.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Qui ?

Audrey Bernard a fondé Stimulation Déjà vu en août 2017. Diplômée en gestion, elle avait une passion pour les odeurs et leur potentiel. Son entreprise emploie maintenant quatre personnes à temps plein et trois autres de façon « assez active ».

« Quand tu ramènes le coffret chez toi, au lieu d’une photo, le lien émotif est très fort. L’odorat est le sens qui a le plus d’impact, le plus fort lien avec les émotions », dit-elle

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Audrey Bernard

Le produit

• Déjà vu travaille avec différents acteurs du milieu touristique ici et ailleurs, dont les prestigieuses Galeries Lafayette, pour créer des expériences basées sur les odeurs.

• Pour Tourisme Montréal, elle a créé un coffret de cinq odeurs « typiques » de Montréal : Ville aux 100 clochers, Food Truck Festival, Winter Lights, Mont Royal sous la pluie et Festival Mania.

• Les odeurs sont des compositions, qui peuvent ou non être fidèles aux « vraies odeurs », selon les besoins. La fragrance des « 100 clochers », par exemple, ne contient pas d’encens, dont l’odeur est perçue négativement. « On ne dénature pas l’odeur, mais on raconte une histoire », image Mme Bernard.

• Le coffret a d’abord été conçu pour être remis à des congressistes, mais son succès a attiré des hôtels et d’autres boutiques, qui souhaitent pouvoir le vendre à leurs clients.

• Pour tester ses odeurs lors du développement, Déjà vu travaille en collaboration avec RE-AK Technologies pour mener des expériences où l’on mesure l’activité électrique du cerveau, la sudation, le rythme cardiaque ainsi que les mouvements des yeux et du visage en réaction aux odeurs.

• Le tourisme n’était pas le premier créneau de Déjà vu. « C’est un concours de circonstances », note Mme. Bernard.

• La première cible de Mme Bernard, qui s’implique personnellement dans la cause de l’alzheimer, était d’aider des résidants de maisons de retraite en créant des odeurs associées à des souvenirs positifs pour eux. « J’étais convaincue que la mémoire olfactive était plus efficace que l’aromathérapie », explique-t-elle. L’entreprise pourrait y revenir un jour.

• En parallèle, l’entreprise collabore à un projet à Strasbourg, en France, où les odeurs, combinées à la réalité virtuelle et à l’hypnose, servent à atténuer la douleur et le recours aux médicaments.

Dans l’avenir

Déjà vu prépare l’implantation d’un laboratoire en France, qui sera accompagnée de l’embauche d’au moins un représentant en Europe. L’entreprise développe aussi son offre, en collaboration avec des partenaires, pour proposer des expériences multisensorielles qui associent l’odorat au goûter, par exemple.