Il fallait bien un ancien pilote de brousse pour se lancer dans une aventure pareille. Lorsqu'il a quitté son avion dans le Grand Nord canadien, il y a 10 ans, Patrick Richardson a lancé un commerce de pièces d'automobiles. Aujourd'hui, cet éclectique entrepreneur se donne un nouveau défi: réinventer le néon.

Mis à jour le 24 mai 2011
Martin Croteau LA PRESSE

À 30 ans seulement, l'homme d'affaires est le président de Richporter, qui compte 35 employés au Canada, aux États-Unis et à Taïwan, et dont le chiffre d'affaires annuel est de 12 millions. La société établie à Pointe-aux-Trembles a fait sa place dans le marché des pièces d'auto, au fil des ans. Mais c'est l'éclairage qui pourrait bientôt faire sa fortune.

«J'ai commencé dans l'automobile avec la vision de réduire la consommation d'essence et de prendre le virage vert, relate Patrick Richardson. Tout ce qui réduit la consommation d'énergie, ça me fascine beaucoup.»

Richporter a mis au point un système qui évacue la chaleur autour des lumières à diode électroluminescente, communément désignées par l'acronyme DEL. La technologie permet d'améliorer l'efficacité de ces dispositifs d'éclairage très économiques en énergie, et d'en prolonger la durée de vie. Le mois dernier, elle a décroché la certification qui lui permet de commercialiser ses produits d'éclairage à grande échelle en Amérique du Nord.

L'entreprise courtise des institutions, commerces et industries qui doivent éclairer de grands locaux. Son système coûte deux à trois fois plus cher à installer qu'un néon classique, mais il permet des économies d'électricité de 60%. Même au Québec, où l'électricité est bon marché, il ne faut que deux à trois ans pour amortir les coûts d'installation.

«Si on a une tour de bureaux qui compte 1000 fixtures d'éclairage, on peut faire passer la facture d'électricité de 100 000$ par année à 40 000$», souligne M. Richardson.

Autre avantage: la durabilité. La technologie de Richporter donne aux systèmes d'éclairage DEL une durée de vie qui est de cinq à huit fois plus longue que les ampoules et néons traditionnels.

En affaires par hasard

Patrick Richardson s'est lancé en affaires un peu par hasard. Ce passionné d'aviation pilote de petits appareils dans le Nord lorsque, en 2001, il commence à acheter des oeuvres d'art inuit pour les revendre sur eBay. De fil en aiguille, il se met au commerce de pièces d'automobile. Il fait la connaissance de Lawrence Porter, à Vancouver. Ils s'associent et commencent à fabriquer les pièces dans une usine à Taïwan.

Les produits d'éclairage n'ont certes pas grand-chose en commun avec les pièces d'auto. Mais l'homme d'affaires a flairé la bonne affaire après avoir rencontré un entrepreneur taïwanais qui souhaitait vendre la technologie à l'extérieur de son pays.

«J'ai commencé à étudier ça, je me suis entouré de professionnels pour savoir si ça valait la peine de me lancer dans ce domaine, relate-t-il. Et plus je creusais, plus je trouvais que ça valait la peine.»

À terme, il souhaite mettre en marché des systèmes d'éclairage autonomes alimentés par des panneaux solaires.