Les astres sont plus que jamais alignés pour l'entreprise de biotechnologies Bio-K Plus International. Avec sa gamme de produits probiotiques éprouvés, la PME de Laval se dit prête à devenir un acteur de classe mondiale. À court terme, elle vise l'Europe, puis l'Amérique latine.

Mis à jour le 21 mars 2011
Stéphane Champagne LA PRESSE

Le mot «probiotique» fait partie du vocabulaire courant depuis quelques années seulement. Les probiotiques sont des bactéries vivantes qui, lorsqu'elles sont consommées sur une base régulière et en quantité suffisante, seraient bénéfiques pour la santé. Ils agissent sur la flore intestinale et favorisent la présence des bonnes bactéries au détriment des mauvaises bactéries.

On en trouve dans plusieurs produits alimentaires: yogourts, jus, lait, pains, etc. Le hic, c'est qu'il a été démontré que les probiotiques ajoutés à certains aliments n'étaient carrément pas efficaces. L'Union européenne et les États-Unis ont d'ailleurs demandé à certaines entreprises agroalimentaires de retirer l'appellation probiotique sur leurs emballages. Ce n'est pas encore le cas au Canada.

C'est à partir de ce constat que les choses deviennent intéressantes pour Bio-K Plus International, entreprise qui emploie 125 personnes, dont 60 à son siège social et à ses installations de Laval. Selon Isabèle Chevalier, vice-présidente affaires corporatives, il ne fait aucun doute que les produits probiotiques que sa famille et elle fabriquent sont fonctionnels. Et c'est prouvé scientifiquement, dit la mère de trois jeunes garçons.

«Pendant que les autres misaient sur le marketing, nous, on misait sur la recherche et sur les études cliniques. Et je crois qu'on a fait le bon choix. En cinq ans, nous avons mené cinq études cliniques dont les résultats ont entre autres été publiés dans l'American Journal of Gastroenterology», explique la jeune femme d'affaires.

Bio-K Plus International produit deux types de produits réfrigérés vendus sous la marque Bio-K ". Ceux-ci entrent dans la catégorie des produits naturels et se présentent, d'une part, sous forme liquide, un ferment laitier à base de lait, de riz ou de soya (vendus entre 19$ et 39$) et, d'autre part, sous forme de capsules (de 15$ à 25$).

Cela peut sembler cher, reconnaît Isabèle Chevalier. «Nous sommes victimes de nos choix. Nous paraissons plus chers, car les gens doivent débourser plus d'un seul coup. Mais nous allons bientôt mettre en marché de nouveaux formats, une nouvelle image et même de nouvelles saveurs», annonce-t-elle.

Intégration verticale

La PME de Laval se distingue à plusieurs égards dans l'univers québécois des biotechnologies. Elle est l'une des rares, sinon la seule, à être intégrée verticalement, dit Mme Chevalier. Bref, elle voit à tout. Bio-K Plus dispose d'un laboratoire de recherche fondamentale, elle fait ses propres études cliniques, elle gère son procédé de fermentation, elle emballe, vend et distribue ses produits. Et elle s'occupe même «du service après-vente», affirme la VP qui détient une maîtrise en gestion de HEC Montréal.

L'entreprise lavalloise serait, selon Isabèle Chevalier, l'une des rares biotechs privées qui sont familiales. La PME serait également en très bonne santé financière. Mais impossible d'en apprendre davantage sur son chiffre d'affaires. «Nous sommes très jaloux de nos chiffres», laisse tomber la jeune femme. Idem pour ce qui est des territoires de vente des produits Bio-K ".

Tout au plus, nous savons que les produits québécois sont vendus au Canada et aux États-Unis, principalement dans les supermarchés, les pharmacies et les magasins d'aliments naturels. Nous avons également appris qu'après l'Europe, la PME avait, à court terme, des visées au Mexique et au Brésil.

Bio-K Plus International a été fondée en 1994 par Claude Chevalier, père d'Isabelle. Dans son curriculum, M. Chevalier a notamment été PDG chez Bombardier, puis président du Bureau laitier du Canada et président de la Fédération internationale de laiterie.

L'homme d'affaires a fait la connaissance, au milieu des années 80, du Dr François-Marie Luquet, microbiologiste français. Ce n'est que 10 ans plus tard que les deux hommes se sont associés afin de marier les sciences pharmaceutiques et le secteur des produits naturels.

C'est au Dr Luquet qu'on doit la création de la souche Bio-K" CL1285MD. Cette formule, homologuée par l'Institut Pasteur en France et par l'Institut Armand-Frappier au Québec, se trouve dans les produits de la PME québécoise.

Claude Chevalier n'est pas seul dans cette aventure. Il est épaulé par ses proches, qui occupent tous des postes de haute direction: sa conjointe Monique Roy et ses deux enfants, Isabèle et François-Pierre.