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Devenir la référence en thés et tisanes

Johanne Dion, présidente de Trans Herbe, se permet... (Photo archives La Presse)

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Johanne Dion, présidente de Trans Herbe, se permet de rêver du jour où les gens diront: «Je vais prendre un Four O'clock», l'une des marques de thé développées par son entreprise.

Photo archives La Presse

Au même titre que les marques «Kleenex», «Kodak» et autres «Frigidaire» qui sont entrées dans le langage populaire, Johanne Dion aimerait voir ses thés et ses tisanes devenir des produits de renom.

La présidente de Trans Herbe se permet de rêver du jour où les gens diront: «Je vais prendre un Four O'clock», l'une des marques développées par son entreprise.

 

Toutefois, cet objectif n'est pas une fin en soi. Pour cette élégante femme d'affaires, qui vend déjà ses produits dans plus d'une vingtaine de pays dans le monde, la croissance est une nécessité. Mais elle ne doit pas prendre le dessus sur les relations humaines. Et Johanne Dion sait de quoi elle parle.

En 1992, lorsqu'elle a voulu fonder Trans Herbe, les banques ont refusé de lui prêter de l'argent.

Elle a cependant pu compter sur l'aide de différents fournisseurs européens (de plantes et de machineries) auprès de qui elle s'était fait un nom alors qu'elle travaillait pour le compte d'autres entreprises québécoises.

«Les banques ne voulaient rien savoir parce que je suis une femme et que je venais de divorcer, se rappelle Johanne Dion. Et en plus, on me disait que les tisanes c'était pour les hippies ou les gens malades. En Europe, certains de mes fournisseurs m'ont fait confiance. Pour ma machine d'ensachage de thé, par exemple, je n'ai signé aucun contrat avec le fabricant italien; une simple poignée de main a suffi.»

La quinquagénaire a également pu compter sur l'aide d'un partenaire silencieux qui demeure encore à ce jour actionnaire de l'entreprise à 50%.

Certains banquiers québécois doivent aujourd'hui s'en mordre les doigts, car Trans Herbe est une entreprise prospère qui produit quotidiennement près de 1,5 million de sachets de thés et de tisanes dans ses installations de Saint-Bruno, sur la Rive-Sud de Montréal.

D'abord de 500 000$ en 1992, les ventes de l'entreprise, que Mme Dion préfère taire, se chiffrent maintenant en dizaines de millions de dollars.

La PME québécoise compte 125 employés. Elle utilise près de 220 variétés de végétaux, en grande partie biologiques et équitables, qui proviennent des quatre coins du monde.

Johanne Dion sillonne d'ailleurs régulièrement les plantations de ses différents fournisseurs, question d'établir des liens de confiance et bien sûr de vérifier la qualité de sa matière première. Elle joue les globe-trotters en moyenne 20 semaines par année.

Trans Herbe est surtout connue pour ses produits Four O'clock et La Cour Tisane.

Four O'clock a été créé parce que Johanne Dion ne réussissait pas à exporter ses produits La Cour Tisane à l'extérieur du Québec.

«Le mot courtisane en effrayait plus d'un. Et en plus, de savoir que c'est une femme qui dirige l'entreprise n'aidait en rien. Dès que j'ai créé Four O'clock, j'ai pu commencer à exporter dans le reste du Canada et aux États-Unis», explique-t-elle.

Décorée à maintes reprises pour ses succès en affaires et ses nombreuses innovations, Johanne Dion a toujours cherché à faire les choses différemment. Déjà à l'école primaire, elle dénonçait les injustices, dit-elle.

Fonceuse, elle était l'une des quatre femmes inscrites en chimie à l'Université de Montréal au milieu des années 70. Et c'est, de surcroît, pendant ses études universitaires, à l'âge de 18 ans, qu'elle a donné naissance à sa première fille.

Avec son diplôme de chimie en poche, Mme Dion a roulé sa bosse dans le secteur des formulations, notamment pour les défunts supermarchés Steinberg.

Puis, une firme lui a confié le mandat de créer une gamme de produits d'amaigrissement. C'est là qu'elle a commencé à explorer l'univers des tisanes.

Le succès a été instantané. Voyant que son employeur connaissait le Klondike, en partie grâce à elle, Johanne Dion a voulu devenir actionnaire. On lui a plutôt montré la sortie.

Entêtée, elle a alors fondé sa propre affaire avec tout ce que cela comportait de défis (pas toujours heureux, il va sans dire).

Aujourd'hui, la présidente de Trans Herbe veut consolider sa présence dans les pays étrangers où ses produits sont vendus, notamment en Asie, des pays de thé où les tisanes de la PME québécoise font tout un tabac. À l'instar du vin, le marché du thé et des tisanes est en pleine croissance à l'échelle mondiale, affirme Johanne Dion.

Bien qu'elle soit pressentie de façon sporadique, la présidente de Trans Herbe ne veut pas vendre son entreprise. Entre autres raisons parce que ses deux filles y travaillent.

L'aînée, Karine Pomerleau, diplômée en droit, est d'ailleurs intéressée à prendre la relève de l'entreprise. Ce qui ne peut qu'enthousiasmer Johanne Dion.

 




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