La Société de transport de Montréal (STM) veut faire cesser la distribution du journal gratuit 24 heures par des camelots dans les stations de métro.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

Malgré les recommandations de santé publique du gouvernement du Québec de « limiter les échanges de main à main » et de faire respecter une distance de deux mètres entre les personnes dans les services essentiels en raison de la pandémie de COVID-19, Québecor continue de faire distribuer son journal gratuit 24 heures par des camelots directement aux passants dans plusieurs stations du métro de Montréal. 

« La STM est consciente que la distribution de journaux par des camelots ou toute autre activité similaire dans ses stations de métro peut accroître le risque de transmission de la COVID-19 et c’est pourquoi elle vise à faire suspendre l’ensemble des activités de distribution de matériel (livres, feuillets, journaux) effectuées par des personnes dans les espaces publics de ses installations. La [STM] évalue ses recours pour le moment afin de pouvoir procéder de façon juste et efficace dans l’application de cette mesure », a indiqué la STM par courriel.

Invoquant des raisons de santé publique, le journal Métro, concurrent du 24 heures, a cessé sa distribution par des camelots le 17 mars. On peut se procurer les deux quotidiens dans des présentoirs dans les stations de métro.

Distanciation sociale

Québecor fait appel à un sous-traitant, Gama Média, pour distribuer son journal gratuit dans le métro. Jeudi matin, les camelots du 24 heures vus par La Presse portaient des gants, mais ne respectaient pas la règle des deux mètres de distance entre les personnes pour donner les journaux aux passants.

Québecor indique avoir demandé à son sous-traitant Gama Média de respecter la règle des deux mètres entre les personnes et d’imposer le port de gants aux camelots. « Nous assumons notre responsabilité d’informer le Québec et les usagers du service de transport en commun de la STM en assurant la santé et la sécurité de nos employés, de nos collaborateurs et de notre clientèle […]. De plus, nous avons réduit au strict minimum le nombre de camelots sur le terrain et le nombre de copies en circulation pour nous ajuster à l’achalandage réduit du service de transport en commun », a indiqué Québecor par courriel.

Gama Média n’a pas donné suite aux questions de La Presse.

Camelots mis à pied à Métro Média

Métro Média a mis à pied ses 27 camelots le 17 mars. « Limiter le "main à main" et respecter la distanciation sociale, ça me semblait quelque chose de logique, sensible et proactif dans le contexte de cette crise sanitaire », dit Andrew Mulé, vice-président de Métro Média.

Les médias ont été désignés comme un service essentiel durant la crise du coronavirus. Ils doivent tout de même respecter les recommandations du gouvernement du Québec. Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec précise que « dans ce secteur d’emploi, il est important de limiter les échanges main à main. Et d’appliquer les recommandations suivantes : […] déposer les documents sur une surface propre pour transmettre et récupérer les documents en respectant la distance de 2 mètres entre les individus ». Ces deux recommandations ont été émises officiellement mercredi pour les médias. Les commerces de détail qui sont des services essentiels (par exemple pharmacies et épiceries) respectent la règle de deux mètres de distance depuis deux semaines et demie, selon le Conseil canadien du commerce de détail.

D’autres journaux papier comme Le Soleil, Montreal Gazette et Le Devoir sont aussi distribués par des camelots à leurs abonnés, mais ce type de distribution à domicile respecte la règle des deux mètres de distance entre les personnes (les camelots ne distribuent pas le journal de main à main aux abonnés). Plusieurs journaux papier ont aussi renforcé les mesures d’hygiène et de distanciation durant l’impression, la livraison et la distribution des journaux.