La crise du coronavirus provoque d’autres mauvaises nouvelles dans l’industrie des médias : Québecor, le plus important conglomérat de médias et de télécoms au Québec, a mis à pied environ 1000 employés, soit 10 % de ses effectifs, pour une période de deux mois.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

Ces mises à pied temporaires touchent 30 % des employés du Groupe TVA. Environ 480 employés, principalement des artisans du milieu de la télé, ont été mis à pied au Groupe TVA, qui compte normalement plus de 1500 employés. Le reste des mises à pied temporaires (environ 530 personnes) ont été effectuées dans les autres secteurs du Groupe TVA et de Québecor.

Québecor explique cette décision par le ralentissement de l’économie québécoise depuis l’intensification de la crise du coronavirus. Les revenus publicitaires des médias ont notamment chuté de façon drastique. Ce ralentissement économique « a causé une diminution importante des activités dans certains de nos secteurs, expliquant ainsi cette décision difficile », a indiqué Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Québecor, par voie de communiqué.

« C’est inquiétant. Il faut être solidaire, tout le monde est touché par ça. On sympathise avec tous avec les gens touchés, autant nos employés que les gens dans d’autres secteurs. On est en étroite communication avec l’employeur, qui nous dit que c’est une mesure temporaire. On espère que ça va être ça », dit Carl Beaudoin, président du syndicat des employés de TVA.

Selon nos informations, les mises à pied ne touchent pas les journalistes du Journal de Montréal et du Journal de Québec, les deux quotidiens de Québecor. Québecor n’a pas répondu vendredi aux questions à La Presse à savoir comment étaient réparties les 1000 mises à pied au sein des différents secteurs de l’entreprise (télé, journaux, magazines, livres, sports et divertissements, télécoms).

Les 4000 employés syndiqués de Vidéotron, la filiale de télécoms de Québecor, ne sont pas touchés par les mises à pied (outre 50 employés de MAtv, la chaîne de télé communautaire appartenant à Vidéotron). Les télécoms ont été désignées comme un service essentiel au Québec. Au plan financier, Vidéotron est aussi la vache à lait de Québecor : la filiale de télécoms représente 96 % des profits de Québecor en 2019.

Québecor a mis sur pied un programme pour bonifier les prestations d’assurance-emploi de ses 1000 employés qui se retrouveront au chômage pour deux mois à partir de la semaine prochaine. L’entreprise estime que les employés recevront au total entre 80 % et 95 % de leur salaire, incluant l’assurance emploi et la bonification.

Les mises à pied temporaires chez Québecor terminent une semaine difficile pour le milieu des médias.

Cogeco Média, le plus important propriétaire de stations de radio (23 stations) au Québec, a mis à pied temporairement 25 % de ses employés, soit 130 personnes.

Métro Média, qui possède le journal gratuit Métro et une vingtaine d’hebdos gratuits, a mis à pied 23 employés en plus de réduire la semaine de travail d’environ 15 autres employés. Au total, 40 % des employés de Métro Média, dont 15 journalistes, sont affectés par ces mises à pied complètes ou partielles. Métro Média pourrait toutefois rappeler au travail certains employés si l’entreprise se qualifie au nouveau programme de subventions salariales pour les PME annoncé vendredi par le gouvernement Trudeau.

La coopérative CN2I, qui opère six quotidiens régionaux dont Le Soleil à Québec, a mis à pied temporairement environ 40 % de ses employés, soit 143 employés administratifs sur 340 employés. Aucun journaliste n’a été mis à pied. C’est plutôt la quasi-totalité des services administratifs qui a été mis à pied.

De son côté, La Presse n’a pas annoncé de mises à pied, mais elle a demandé à ses 430 employés de réduire leur rémunération de 14 % jusqu’à la fin de l’année 2020 et de 10 % en 2021.