Alors qu’il cède son antenne montréalaise de musique classique, Gregory Charles admet avoir surpayé pour son acquisition il y a quatre ans.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

« Les gens d’affaires n’aiment pas ça avouer ces choses-là. Mais j’ai payé trop cher. Je ne pense pas que ça avait la valeur que j’y accordais. »

Gregory Charles vend le 99,5 FM (Montréal) à Leclerc Communication, qui entend la transformer en station musicale à saveur pop-rock et alternative calquée sur un format similaire à celui de sa station WKND à Québec. La programmation spécialisée de Radio-Classique continuera d’être offerte par Gregory Charles sur le web.

La valeur de la transaction s’élève à un peu moins de 5 millions. L’artiste et homme d’affaires avait payé 10,5 millions il y a quatre ans pour le 99,5 FM de Montréal et son antenne sœur, le 92,7 FM à Québec, qui appartenaient alors à l’ex-animateur Jean-Pierre Coallier.

« Bien malin celui qui aurait pu dire exactement ce qui allait se passer en radio. Je ne me réjouis jamais quand les gens vendent moins cher que ce qu’ils ont payé. »

Il s’attend maintenant à ce que quelqu’un se manifeste pour acheter son antenne de Québec et la transformer en autre chose.

Je vends aujourd’hui une partie de ce que j’ai acheté. On verra à la fin de l’histoire si je rentre dans mon argent ou pas.

Gregory Charles

Il affirme avoir acheté les stations de Jean-Pierre Coallier parce que la musique classique est « extrêmement importante dans notre univers » et non pas pour faire de l’argent.

Gregory Charles se dit cependant heureux d’avoir pu rajeunir et augmenter l’auditoire des deux stations.

« Je suis fier qu’on ait doublé l’auditoire de musique classique depuis quatre ans. On est passé d’environ 250 000 auditeurs au Québec à 500 000 pour les deux stations. On a rajeuni l’auditoire, qui est passé de bien au-delà de 70 ans d’âge moyen à pas tout à fait 60 ans d’âge moyen. »

Deuxième tentative

Gregory Charles soutient qu’il ne cherchait pas à vendre. « Je cherchais cependant à faire une version 2.0 pour trouver une façon d’assurer la suite afin que ça continue. »

Après une tentative infructueuse de pénétrer le marché montréalais plus tôt cette année en voulant acheter la station montréalaise 91,9 Sports, le groupe Leclerc s’est tourné vers Gregory Charles.

« Je ne voulais pas vendre, mais après réflexion, je me suis dit que ça pouvait concorder avec mon plan 2.0 d’une radio qui va durer plus longtemps dans une nouvelle version, dit Gregory Charles. Il y a de grandes différences entre le marché de Québec et celui de Montréal. À Québec, le marché est très stable, sinon même un peu en croissance. À Montréal, la vaste majorité de notre auditoire nous écoute via le web, le câble ou une application. »

Avec une approbation éventuelle du CRTC, le groupe Leclerc espère pouvoir amorcer ses activités à Montréal au printemps prochain et offrir aux auditeurs de Montréal la marque WKND et sa signature musicale.

Aller dans le marché de Montréal, le plus gros marché francophone au pays, est une ambition qu’on chérissait depuis longtemps.

Jean-François Leclerc, vice-président responsable de la programmation chez Leclerc Communication

« Après la première année, on va commencer à regarder quelles sont les autres occasions en radio ou dans d’autres secteurs d’activité », a admis Jean-François Leclerc.

« C’est plus difficile pour les radios spécialisées, mais les gens écoutent encore beaucoup la radio en direct et elle reste très recherchée par les annonceurs. La radio traditionnelle est certainement le média qui s’en sort le mieux. Ce n’est pas pour rien qu’il y a encore des grosses transactions qui se font partout au Canada et à bon prix parce qu’il y a encore une grande valeur autour des licences de radiodiffusion. »

Il pense notamment à l’acquisition l’an passé d’une centaine de stations de radio au Canada anglais par Stingray, une transaction de plus d’un demi-milliard de dollars.

Leclerc Communication en bref

Année de fondation : 2012
Siège social : Québec
Activités : radiodiffusion (WKND et BLVD)
Nombre d’employés : 50
Fondateurs : Jacques Leclerc, Jean-François Leclerc et Nicolas Leclerc