(New York) Le rédacteur en chef du magazine américain The Atlantic a déclenché une polémique après avoir souligné que peu de longs articles étaient écrits par des femmes, certains l’accusant de douter des capacités des femmes journalistes.

Agence France-Presse

Enfouies dans un long entretien entièrement consacré à la stratégie du magazine pour engager et promouvoir davantage de femmes au sein de la rédaction, deux petites phrases ont mis le feu aux poudres.

«C’est vraiment difficile d’écrire un article de 10 000 mots qui puisse faire la une», explique Jeffrey Goldberg, dans un entretien croisé avec Adrienne LaFrance, l’une des responsables de la rubrique technologie de The Atlantic.

«Il n’y a pas beaucoup de journalistes qui en soient capables aux États-Unis», poursuit le rédacteur en chef dans l'entrevue accordé au Nieman Lab, centre de recherche sur le journalisme, situé à Harvard. «Les journalistes qui le font aux États-Unis sont presque exclusivement des hommes blancs».

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Jeffrey Goldberg a interviewé Barack Obama à la Maison-Blanche, peu de temps avant la fin de son 2e mandat présidentiel.

Ces deux dernières phrases ont été lues par certains comme l’affirmation que peu de femmes étaient capables d’écrire de longs articles.

«Toxique», «raciste», «sexiste», Jeffrey Goldberg a été accusé d’être un nouvel avatar de l’homme blanc dominant tant dénoncé depuis le début de la vague #metoo.

Pour l’association des journalistes noirs (NABJ), qui a réagi sur Twitter, «le principal responsable éditorial d’un titre de presse majeur ne devrait pas faire état d’opinions sexistes et inconsidérées sur le plan racial».

«Mon idée était de dire que les femmes n’avaient traditionnellement pas été autorisées à écrire des articles de Une, pas qu’elles ne pouvaient pas le faire. Nous avons régulièrement des femmes qui signent des articles de Une», a tweeté vendredi Jeffrey Goldberg, après s’être excusé la veille.  

Adrienne LaFrance est venue au secours de son rédacteur en chef, affirmant savoir «ce qu’il voulait vraiment dire : les journalistes choisis de façon disproportionnée pour écrire des articles de Une dans des magazines nationaux sont des hommes blancs».

«Nous savons qu’il y a de nombreuses femmes de talent capables d’écrire nos articles les plus ambitieux», a-t-elle ajouté. «Il y en a déjà beaucoup dans notre rédaction. C’est à ça que nous travaillons».