(New York) Après avoir transformé l’essai du podcast avec The Daily, le New York Times poursuit sa diversification et se lance dans la télévision avec une émission hebdomadaire qui suit ses journalistes sur le terrain.

Thomas URBAIN
Agence France-Presse

Lancé en février 2017, The Daily est désormais écouté, en moyenne, deux millions de fois par épisode, ce qui en fait l’un des dix podcasts les plus populaires aux États-Unis.

Mettant à profit sa marque, connue mondialement, le New York Times multiplie les nouveaux projets, qui doivent contribuer à la viabilité d’un modèle économique dans lequel l’influence du journal papier ne cesse de décliner.

The Weekly, dont la première édition sera diffusée dimanche sur la chaîne câblée FX (désormais filiale de Disney), puis mise en ligne le lendemain sur la plateforme vidéo Hulu (également filiale de Disney) est la première incursion du quotidien dans le monde de la télévision.

Il est aussi le premier des grands quotidiens américains à lancer une émission de reportage, même si des médias comme BuzzFeed ou Vice, présents uniquement en ligne, s’y sont déjà essayés.

The Weekly, qui devrait être également diffusé à l’étranger, est produit conjointement avec Left/Right, maison de production qui assure la partie technique du projet, a expliqué à l’AFP Sam Dolnick, en charge des projets journalistiques audio et vidéo au New York Times.

Le département vidéo du journal, qui produit du contenu pour le site du quotidien, n’a pas été associé à l’émission, a précisé ce responsable.

Chaque épisode, long d’une demi-heure environ, part du ou des journalistes chargés d’une enquête et les suit dans leurs investigations.  

« Les gens veulent savoir qui sont ces journalistes qui me racontent ces histoires », fait valoir Sam Dolnick. « Comment apprennent-ils ce qu’ils savent ? Comment le confirment-ils ? »

Le responsable assure néanmoins que The Weekly n’est pas un programme « sur la manière dont le New York Times crée un journal », mais « la mise en lumière des grands sujets d’actualité ».

« Élargir notre audience »

La plupart des sujets auront déjà donné lieu, au moment de la diffusion de l’épisode, à un ou plusieurs articles dans le New York Times, mais certains n’auront pas de déclinaison en texte.

La première émission enquête sur les méthodes douteuses d’une école de Louisiane, qui envoie chaque année des élèves défavorisés dans les meilleures universités américaines.

L’objectif principal de ce nouveau projet est de s’adresser à un public « qui ne lit pas forcément le New York Times, d’élargir notre audience et d’aider les gens à comprendre ce que sont, pour nous, les sujets importants », selon Sam Dolnick.

Le quotidien n’a pas donné le montant du contrat passé avec FX et Hulu, ni voulu dire si The Weekly serait rentable pour lui.  

« C’est un investissement significatif pour le Times », a simplement commenté un porte-parole.

Au-delà des coûts et des revenus directement liés au programme, l’enjeu est aussi de nourrir la croissance des abonnements, avec l’objectif d’atteindre 10 millions en 2025, contre 4,5 aujourd’hui (papier et numérique).

Le New York Times a d’autres projets télévisés en cours, notamment Modern Love, adaptation pour la plateforme Amazon, sous forme de fiction, d’une rubrique du journal consacrée aux rapports amoureux et écrite par des lecteurs.

Le groupe a aussi en chantier une série documentaire intitulée Diagnosis, tirée elle aussi d’une rubrique du journal qui présente le cas d’un individu souffrant d’un mal non diagnostiqué à ce jour et fait appel aux contributions des lecteurs.