Annoncer sur Facebook, avec les nouvelles vérifications à l’approche des élections fédérales, sera désormais plus compliqué. C’est un des avertissements que lanceront les porte-parole du réseau social lors d’une tournée pancanadienne amorcée la semaine dernière à Halifax, et qui s’arrêtera vendredi matin à la gare Viger, dans le Vieux-Montréal.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

Cette tournée, appelée Civic Boost, vise de façon plus large à promouvoir « l’engagement civique » en donnant à des citoyens, des entrepreneurs et des journalistes locaux quelques conseils pour utiliser les outils de Facebook. « Quelques centaines de personnes », indique l’entreprise, ont assisté aux deux premières rencontres, ouvertes à tous.

Mais d’entrée de jeu, ce sont les nouvelles mesures liées à la mise sur pied de la bibliothèque publicitaire de Facebook, base de données publique qui sera disponible fin juin, qui seront au cœur des présentations, précise Kevin Chan, directeur des politiques publiques chez Facebook Canada.

« Dans le passé, les gens pouvaient afficher une publicité assez rapidement, en quelques clics. C’est la première fois réellement chez Facebook que nous allons introduire des “frictions”, des étapes additionnelles. » — Kevin Chan, directeur des politiques publiques chez Facebook Canada

Essentiellement, Facebook devra maintenant s’assurer que toute publicité touchant les enjeux électoraux est commanditée par des Canadiens. « Nous allons confirmer votre identité, ce qui implique l’envoi de documents, précise M. Chan. Nous ne voulons pas que les gens soient surpris : ils doivent maintenant s’attendre à ça. »

Risques de pertes publicitaires

N’y a-t-il pas un risque pour Facebook de décourager certains annonceurs avec ces nouvelles vérifications ? « Oui, il y a un risque pour notre écosystème, répond le directeur des politiques publiques. Mais c’est la chose à faire. Prévenir les abus, nous savons que ce ne sera pas facile, que ça va nous faire perdre du temps et de l’argent, mais nous pensons que ça en vaut la peine. »

La tournée, assure-t-il, n’a rien à voir avec la publication du rapport dévastateur du commissaire à la protection de la vie privée du Canada, le 26 avril dernier. Le chien de garde fédéral avait notamment relevé le « mépris » de Facebook, son comportement « inacceptable » et les « graves violations » des lois canadiennes. Il a de plus annoncé la fermeture de sa page Facebook et le dépôt d’une poursuite en Cour fédérale.

« Cette tournée était prévue depuis six mois, précise M. Chan. Nous avions depuis longtemps prévu d’aller parler aux Canadiens, et ça a pris des mois à planifier. » Quant aux reproches du commissaire à la protection de la vie privée, il se dit astreint à la réserve, la cause étant devant les tribunaux.