(New York) Les cours du pétrole ont terminé proche de l’équilibre vendredi, tiraillés entre le discours pragmatique de l’OPEP+, qui a rassuré le marché, et un indicateur américain qui repousse la perspective d’une baisse des taux d’intérêt.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août s’est effrité de 0,31 %, à 79,62 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain avec échéance en juillet a lui fini quasiment inchangé (-0,02 %), à 75,53 dollars.

« Il semble qu’il y ait des courants opposés » sur le marché de l’or noir, a constaté Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

« En début de séance, les cours étaient soutenus par les déclarations de l’OPEP “, assurant que leurs projets de réduire progressivement les coupes de production pouvaient être modifiés en fonction de conditions de marché », a expliqué l’analyste.

Le groupe avait initialement indiqué, dimanche, qu’il reviendrait graduellement sur des réductions volontaires de 2,2 millions de barils par jour à partir d’octobre.

Plusieurs ministres de membres majeurs de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses alliés de l’accord OPEP+ se sont succédé, ces derniers jours, pour nuancer les annonces du cartel et évoquer un possible statu quo si les cours le justifiaient.

Ce message pragmatique avait plu aux opérateurs et permis au WTI de reprendre plus de 3 % en deux séances.

Mais après un nouveau démarrage positif, vendredi, le marché a été glacé par le rapport mensuel du ministère américain du Travail, selon lequel quelque 272 000 emplois ont été créés en mai aux États-Unis.

Le chiffre est bien supérieur aux 180 000 attendus, et aux 165 000 d’avril.

« Ce rapport laisse penser que les baisses de taux de la Fed (la banque centrale américaine) sont encore un rêve lointain », ont réagi, dans une note, les analystes de Wells Fargo.

Des taux élevés pour plus longtemps « auraient un impact sur la demande de pétrole et sur les prix », rappelle Andy Lipow.

Pour l’analyste, les cours pourraient revenir dans les marges resserrées qui contraignaient le marché avant la communication de l’OPEP+.

Barbara Lambrecht, de Commerzbank, estime, elle, que les prix pourraient continuer à se redresser si les prévisions actualisées de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’OPEP et de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), attendues la semaine prochaine, insistent sur le fait que l’offre devrait être inférieure à la demande de brut au second semestre.

Pour l’analyste, le marché « a surréagi » a la communication de l’OPEP+.